poème ratp

Photo by Victor Rodriguez on Unsplash

J’ai participé au concours de poésie de la RATP. Mon poème n’a pas été sélectionné pour faire partie des 100 finalistes alors je me suis dit que je pouvais le poster là. Peut-être aura-t-il plus de succès 😀

Il m’a été inspiré par les nombreux témoignages d’agression que subissent les femmes dans le métro. Je me doute que la ratp n’a pas très envie de mettre l’accent sur ce fléau. Et effectivement, afficher ce poème-là dans le métro aurait sans doute fait tâche (bon, ils l’ont peut-être tout simplement trouvé mauvais mais moi, je l’aime bien).

Je prends souvent le métro mais n’ai, pour l’instant jamais eu à subir ce genre de violences). Je crois que si ça m’arrivait, j’aurais très envie de crever ce putain de bâtard (excusez-moi ce moment d’égarement, je voulais dire que j’aurais envie de signifier poliment à l’agresseur qu’il n’a pas le droit de disposer de mon corps comme si j’étais un objet).

Bref, voilà ce que ça donne :

Un flash
Immobile
Des plumes
J’attaque le tout au scalpel
Mon t-shirt sent très fort la transpiration
Aurais-je suffisamment de temps ?
J’écrase une mouche, d’un geste, par dépit
Une odeur de vin rouge
Il souffle comme un buffle
Cligner des yeux
La tâche
S’agrandit
Finalement, je suis descendue aux Abbesses

mais qu’est-ce que j’ai fait aux banquiers ??

 

banque

banquiers

Ben oui, je me pose la question parce que je suis encore tombée sur une banquière… euh… spéciale.

Je devais faire le changement de domiciliation de mon compte en banque, donc je suis allée à la banque (logique) avec l’intention d’en ressortir quelques minutes après. Et bien, ça ne s’est pas passé tout à fait comme ça.

Comme je suis nouvelle ici, je me suis trompée de porte et suis rentrée dans la banque par la porte du personnel (n’importe quoi ??!!). Bref, là je rencontre une femme qui me dit, parce que je me confondais en excuses, que meuh noooon c’est pô grave et que je n’ai qu’à la suivre dans son bureau pour lui raconter ce qui m’amène. Je lui dit donc que je viens d’arriver et qu’il faut juste qu’on change la domiciliation blablabla mais que, si ça la dérange, on peut prendre rendez-vous pour un autre jour etc.

Là, elle me dit que non, non, non, on va faire ça tout de suite pendant qu’on y est. Et c’est là que ça a commencé. Elle me demande d’où je viens, ce que je fais dans la vie et tout un tas de trucs utiles comme mon numéro de compte… C’était donc plutôt normal comme début de conversation. Et là, elle enchaîne sur sa vie qu’est pourrie, et que son mec veut pas se barrer, que ça fait 10 ans qu’elle se le traîne, qu’elle n’en peut plus, qu’il est violent…

J’étais bien embêtée pour elle mais quand même prise de court. Je ne savais pas trop quoi dire. Alors j’ai fait ce que j’ai pu : je lui ai donné le numéro contre les violences faites aux femmes, l’ai rassurée, l’ai écoutée jusqu’au bout…

La pauvre avait vraiment besoin de tout lâcher. Je me trouvais là et je crois qu’elle n’a pas pu se retenir. Je suis vraiment triste pour elle parce que si elle s’est ouverte à moi, c’est peut-être qu’elle n’a personne autour d’elle pour pouvoir parler.

Ça a duré une bonne heure et demi. J’en suis sortie toute groggy avec une question : mais qu’est-ce que j’ai fait aux banquiers ? Ben oui parce que ce n’est pas la première fois que ça m’arrive. Lorsque j’habitais à Poitiers, ma banquière me parlait pendant des heures de sa maman qu’était malade. A Bordeaux, mon banquier avait des problèmes sexuels avec son épouse et me demandait des conseils. Des conseils ????!!! A moi !!

Ils sont comment vos banquiers ? C’est la profession qui les rend comme ça ou alors ça vient de moi qui provoque la confidence sans le vouloir ?

 

violences

comment dire aux gens normaux qu’on n’est pas comme eux…

comment_dire_aux_gens

… sans qu’ils s’imaginent qu’on croit qu’on est mieux ou moins bien qu’eux ? Et pourquoi leur dire ?

Voici deux questions dont je ne connais pas la réponse mais auxquelles je suis souvent confrontée.

Dire qu’on n’est pas normale ne procède pas d’une espèce de snobisme ou de recherche d’originalité. Non, et je dirais même plus, c’est souvent lors des situations où je cherche à être normale que je me rends compte que je ne le suis pas et que malgré tous mes efforts, je ne le serai jamais.

Alors oui, on est tous différents et uniques et tout et tout. Bien sûr… Sauf que… Sauf que y’a des gens comme moi et y’a des gens normaux.

Et là, vous allez croire je ne sais pas quoi, que je me la pète et ci et ça alors que ça n’a rien à voir.

Les gens comme moi, on les trouve dans toutes les couches de la population, certains sont très bien insérés dans la société d’autres moins – je fais partie de ceux qui sont plutôt bien insérés.

Certains sont riches, d’autres pauvres, y’a des garçons et des filles, des jeunes, des vieux, des gros, des moches, des beaux, des dépressifs (beaucoup), des fous, des gens intelligents et des cons… Des gens qui votent à droite, d’autres à gauche, d’autres qui ne votent pas, des écolos, des ouvriers, des banquiers peut-être – même si je n’en connais pas personnellement…

Bref, ça ratisse large dans ma catégorie.

Et pourquoi je dis ça aujourd’hui, et pourquoi c’est important ? Parce que ça explique pourquoi je ne réagis pas de la même façon que la plupart des gens, parce qu’il est strictement impossible que je vois les choses de la même façon qu’eux. Et ça n’a rien à voir avec l’intelligence, ça se passe au niveau du ressenti…

J’essaie parfois d’expliquer mais je dois souvent – presque toujours – faire face à beaucoup d’incompréhension de la part des gens à qui j’essaie d’expliquer. Et pourquoi je dois expliquer ? Parce que parfois les gens ne lâchent pas l’affaire et veulent comprendre pourquoi je pense ci ou ça ou pourquoi je réagis comme ci ou comme ça… mais je ne parviens pas à expliquer.

Alors, on tourne en rond…

Et pis des fois, un petit miracle se produit : je croise un comme moi. Des fois, ils sont bien cachés (comme moi, la plupart du temps), des fois on se reconnait sur un simple regard…

Ça fait du bien de savoir qu’on n’est pas seule…

 

courageuse mais pas téméraire

courageuse_pas_temeraire

 

Ayé, j’ai pris une décision mais pas encore THE BIG DECISION ! Non, je suis courageuse mais pas téméraire, donc pour l’instant c’est une moyenne décision.

J’ai fait mes comptes dans un sens puis dans l’autre et puis je les ai refaits encore un coup.

J’ai mis des trucs d’un côté de la balance, pis j’en ai mis d’autres de l’autre côté. Et pis j’ai recommencé… plusieurs fois. Bizarrement, ça penchait toujours largement du côté gauche… Et au fur et à mesure des pesées, je me sentais de plus en plus légère mais je ne parvenais toujours pas à la prendre c’te purée de pois de décision.

Je me suis dit que les dés pourraient peut-être m’aider (^_^), je me suis même demandé si les astres pouvaient pas faire quelque chose pour moi… Bon, finalement ils pouvaient pas vu qu’ils sont très occupés en ce moment avec les élections qu’approchent.

Alors j’ai décidé d’écouter ma petite voix qui se planque généralement dans le fond de moi-même et qui crie le même message depuis des mois et des mois…

Mais qu’est-ce qu’il se passe-t-il donc ?

Vous le saurez le 29 février. Ce n’est que le début… mais il faut bien commencer quelque part.

 

désobéir au sexisme

Cet après-midi, j’ai lu ce livre :

desobeir_sexisme

J’aime bien la collection Désobéir. J’avais acheté Désobéir dans l’entreprise (d’ailleurs je l’ai prêté mais je ne sais plus à qui).

C’est concis, ça se lit vite et surtout ça ne réfléchit pas à ma place…

Bref, dans Désobéir au sexisme, les auteurs évoque une initiative plus qu’intéressante engagée par Luc Frémiot (dont on nous dit qu’il était à l’époque procureur de la République à Douai) pour lutter contre les violences domestiques.

1. ce ne sont plus les femmes victimes  qui partent (fuient) du domicile, ce sont les auteurs de ces violences qui vont passer un petit séjour en foyer d’accueil

2. les policiers ne doivent plus se contenter d’une main courante. Une plainte est déposée et l’auteur est placé en garde à vue.

3. la victime est prise en charge par une association d’aide…

Si vous souhaitez en savoir plus sur les actions entreprises, vous pouvez lire l’audition de Luc Frémiot par la mission d’évaluation de la politique de prévention et de lutte contre les violences envers les femmes.

Voilà, quand on sait qu’en France une femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son conjoint, que chaque année 75 000 femmes sont victimes de viol (je ne parle encore que des chiffres de notre beau pays) – ce qui représente 200 cents viols par jour – c’est-à-dire un viol commis toutes les 7 minutes et que – soit dit en passant – la violence domestique est la principale cause de mortalité ou d’invalidité des femmes entre 16 et 44 ans (avant le cancer et les accidents de la route)… Bref, quand on prend conscience de l’énormité de ces chiffres dans un pays “civilisé”, on a envie de retrousser ses manches parce qu’il semble qu’il y ait encore pas mal de boulot !!

J’ai pris ce livre à la bibliothèque parce qu’en ce moment j’ai une collègue qui passe des moments difficiles. Je crois qu’elle fait partie de ces femmes victimes de violences dans leur foyer. A priori dans son cas, il ne s’agit pas – j’espère – de violences physiques mais d’autres formes de violences… D’ailleurs, j’ai appris à l’occasion d’une visite de la Maison des Femmes de Bordeaux avec mes stagiaires qu’il y avait de nombreuses formes de violences faites aux femmes. En dehors, des coups, des viols, la loi reconnaît également les violences économiques, psychologiques ou encore administratives.

Bref, XXXX (je m’adresse à ma collègue) , je ne sais pas quoi faire pour t’aider. Si tu me lis – parce que je crois que parfois c’est le cas – je suis là pour parler, pour rigoler autour d’un verre, pour aller au resto, pour un ciné (pour une séance shopping, je passe mon tour, tu me connais) ou pour autre chose.