mon corps n’est pas très beau

Mon corps n’est pas très beau. Mais en ce moment, je l’aime. Cela n’a pas toujours été le cas puisque j’ai passé la grande majorité des 30 dernières années à le détester.

Mais je change – moi, à l’intérieur – en même temps que lui. Et finalement, je l’admire d’être tel qu’il est. Tout comme moi, il a traversé pas mal d’épreuves (je ne parle même pas du temps qui fait pendouiller la peau et prendre du gras un peu partout).

Je lui ai infligé des choses innommables pendant toutes ces années ; je l’ai contraint, affamé, gavé, drogué, malmené. Et il est toujours là, fidèle au poste – même si j’ai bien cru plusieurs fois qu’il lâchait l’affaire.

Ça me donne de plus en plus envie de prendre soin de lui, comme on prend soin d’un vieux copain, avec tendresse.

Et puis il est comme moi, imparfait, avec des plaies, des bleus, des creux et des bosses placés à des endroits que la police de l’esthétique désapprouve.

Le psychopathe ne l’a jamais aimé, lui préférant les chairs fraîches de ses nombreuses conquêtes. Comme une idiote, j’en avais déduit qu’il n’était pas digne d’amour et je m’attachais à le détester du mieux que je pouvais. J’ai un peu toujours fait ça d’ailleurs, laissant aux autres (hommes et femmes, connus et inconnus, proches et lointains) le soin de me dire s’il méritait mon affection ou pas.

Mais aujourd’hui je l’aime – d’abord parce que face au vieillissement, je n’ai pas trop le choix mais aussi parce que, finalement, j’ai une sacrée chance d’avoir un partenaire aussi loyal.

voilà, voilà

Photo by Elisa on Unsplash

Et bien voilà ! Il fallait bien que ça arrive : j’ai 50 ans.

Bizarrement, je suis très contente. Je dis “bizarrement” parce que beaucoup de personnes autour de moi m’ont parlé du coup de massue qu’elles ont reçu lorsqu’elles ont atteint cet âge canonique ou du coup de cafard qu’elles se tapent d’avance à l’idée même de devoir souffler 50 bougies.

Il faut dire que ça fait plusieurs mois que je me prépare et que le pire des traumas de la cinquantaine est derrière moi. J’ai enfin digéré (il reste quelques scories par ci par là) ma séparation d’avec le psychopathe, le fait de ne plus avoir de logement et celui de ne plus gagner ma vie.

Désormais, tout ça est archivé dans la case “trucs du passé qui ne méritent pas vraiment qu’on dépense du temps et de l’énergie à y penser”.

Je ne sais pas si j’en ai déjà parlé ici (je crois que oui) : il y a très longtemps, j’ai décidé de vivre 120 ans. Soyons réalistes : j’envisage d’être en pleine capacité de mes moyens physiques et psychologiques jusqu’à 100 ans (les 20 ans restants seront quasiment entièrement consacrés à des tests de drogues psychédéliques – tant qu’à finir grabataire autant le faire en couleurs).

Voici mon programme pour les 50 prochaines années :

  • voyager le plus possible
  • rire souvent
  • écrire
  • être proche de la nature
  • être entourée de personnes géniales
  • vivre avec des chats
  • écrire
  • rencontrer mon partenaire de vie (celui avec lequel je vais vieillir tranquillement)
  • essayer d’être la meilleure marie sans importance possible
  • créer des trucs
  • danser et chanter
  • écrire (oui, je sais)

Je compte sur vous pour me soutenir et me rappeler à l’ordre quand je me prendrai la tête avec des idiots et des idioties (parce que hein bon, parfois, on chasse le passé et il revient pointer ses crocs sanglants).

Je vous bise cinquante fois.

comme sur des roulettes

Je ne sais pas si ça vous arrive (je pense que si, quand même) mais il y a des jours où tout se passe comme sur des roulettes.

Pourtant aujourd’hui, il pleut. Et puisque je suis un chat à l’intérieur de moi-même, je déteste la pluie (mais j’aime l’eau, allez comprendre !!). Mais en fait c’est faux, je ne déteste pas la pluie (le fille qu’est pas schizo, déjà ?!!). Je l’aime quand j’ai un jardin à arroser.

Dans l’idéal, il faudrait que je vive dans un endroit dont la température est toujours comprise entre 10 et 30° et où il ne pleut que la nuit pendant 2 à 4 heures, histoire d’arroser le jardin… Oui bon, je sais que ce n’est pas très réaliste.

Mais revenons à nos moutons (pas tout de suite toutefois puisque je ne remonte en Dordogne que le 5 mai). Bon bref, aujourd’hui je suis encore dans les Landes et j’ai comme qui dirait l’impression que cette journée va hyper bien se passer.

D’abord, en me levant, j’avais envie d’écrire, ce qui est plutôt bon signe. Ensuite, j’ai commencé à organiser mes divers rendez-vous et activités pour les deux jours et demi que je vais passer à Bordeaux et tout semble se goupiller à merveille.

Je pense donc que je ne peinerai pas à trouver une jante pour mon Jumpy Jack Flash (ma camionnette qui tire son nom de sa couleur et d’une chanson des Rolling’ Stones – j’explique pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas). Woui, parce que celle de la roue de secours est complètement voilée. Je m’en suis aperçue lorsque j’ai fait le trajet Dordogne-Bordeaux au début du mois (j’avais du mettre la roue de secours à la place de la roue avant droite parce que, adroite comme je suis, je me suis pris un trottoir et que ça avait fait une belle hernie dans le pneu – voilà, vous savez tout).

Donc lors de ce trajet, impossible de rouler à plus de 80 km/h parce que je ne pouvais pas tenir le volant tellement ça vibrait. Je n’en menai pas large, vous vous en doutez. Bécasse que je suis, j’ai cru qu’il suffisait d’équilibrer la roue. Ouais !

Sauf que non, le monsieur du garage m’a montré sur son instrument qui tourne que la jante était vraiment très très voilée et que ça ne se réglait pas comme pour les roues de vélo avec un peu de patiente et une bonne clé à rayons… Du coup, il a monté le pneu de la roue de secours (qui était en bon état) sur l’ancienne jante de droite (que j’avais collé en roue de secours).

Je ne sais pas si vous suivez…

Et donc maintenant, il faut que je trouve une jante d’occas’ pas voilée (et un nouveau pneu) pour remplacer ma roue de secours.

Je découvre les joies de l’automodébile (terme qu’affectionnait un de mes copains vélorutionnaires).

Ah et puis au fait, je suis drôlement contente. J’ai enfin trouvé le moment parfait pour écrire dans mon roman (une autofiction, plus exactement, commencée depuis des lustres). Depuis plusieurs jours maintenant, je me cale devant l’ordi juste après déjeuner avec le café et je consacre une petite demi-heure, sans pression, à l’écriture. Et ça marche parce que non seulement, ça avance mais en plus, j’y prends beaucoup de plaisir.

j’ai rêvé qu’il voulait me tuer

Bon ! Cela faisait un mois que je n’avais pas eu mon ex au téléphone (oui je sais, j’aurais du couper les ponts complètement mais c’est plus fort que moi, j’ai besoin de comprendre ce qui m’est arrivé) et nous avions convenu de nous appeler lundi dernier parce que nous avions un truc à régler.

Je n’aurais pas du l’appeler : une suite de malentendus et de prises de tête. En théorie, je voudrais bien avoir une relation apaisée avec lui mais en pratique, je n’y arrive pas. Maintenant que je connais une grande partie de ce qu’il s’est évertué à me cacher pendant 6 ans, depuis que j’ai vu sous la surface, je ne peux plus croire quoi que ce soit venant de sa part. J’ai désormais toujours l’impression qu’il y a pibale sous caillou (ne cherchez pas, c’est la version “chocolatine” d’anguille sous roche) et qu’il veut me nuire – c’est peut-être le cas d’ailleurs.

Bon bref, je n’ai pas réussi à dormir dans la nuit de lundi à mardi jusqu’à ce que je décroche mon téléphone à 4h du mat’ pour lui laisser un message sur son répondeur où je coupe résolument les ponts. Je sais qu’il ne me rappellera pas. Maintenant, est-ce que moi, je vais réussir à le laisser à cette distance ? Rien n’est moins sûr. Pour l’instant, je n’ai aucune envie de le recontacter pour lui (re)dire ce que je pense de son attitude mais nous ne sommes que mercredi… c’est fragile.

Finalement après, j’ai dormi comme un bébé jusqu’à 10h30 du mat’ (un record en ce qui me concerne) mais j’ai rêvé qu’il voulait me tuer. Ah, foutu inconscient, toujours là quand on n’a pas besoin de lui !!! M’enfin, ça en dit long sur ma confiance en lui…