une rencontre incroyable

Photo by Riho Kroll on Unsplash

Le truc dont je parlais ici même il y a deux jours est une rencontre dans des circonstances qui me feraient presque croire dans les forces cosmiques de l’Univers. Je suis actuellement à deux doigts… au point de penser que si la semaine prochaine je croise un épagneul breton (je ne sais pas du tout pourquoi j’écris ça !!), je me reconvertis en grande prêtresse de l’au-delà – putain purée de pois, je vais finir comme ma mère !

Bon bref, mais qu’est-ce qui s’est donc passé ?

D’abord, il faut que je vous dise que j’ai décidé je ne sais pas pourquoi d’aller faire quelques jours de vélo seule (tente + gamelle + bouteilles d’eau… comme en 40, quoi !) dans une région que je ne connaissais pas du tout. Ça m’a un peu pris comme une envie de chier par surprise comme idée.

J’y suis allée en camionnette avec mon vélo dedans et mon lit (oui, j’ai un lit maintenant !!) vu que la SNCF a supprimé les trains qu’on pouvaient prendre avec son vélo. Il est impossible de plier mon vélo dans une housse et de convoyer en même temps mes 4 sacoches et ma tente. Merci bien les abrutis de nous obliger à polluer !

Bon, pour ne rien vous cacher, rien qu’en voiture ça m’a piqué les yeux tellement c’est beau dans ce coin-là. J’en avais l’eau à la bouche de pouvoir pédaler dans des paysages aussi grandioses. Après quelques kilomètres sous le soleil brûlant, j’étais plutôt desséchée mais bon, c’est pour dire.

Je pédalais depuis deux petites heures, virevoltant entre les promeneurs et les lycras (c’est de cette façon que je nomme les cyclistes sportifs), saluant les adeptes des moteurs électriques (qui ne répondent pas, la plupart du temps) et là, j’ai croisé une fille et un chien. J’ai cru reconnaître le chien, mais en plus gros que dans mon souvenir – je suis très physionomiste.

Rien que d’écrire ici ce que j’ai ressenti, j’en ai encore le cœur qui bat à cent mille.

Une intuition fulgurante : c’est elle ! L’ex de Jean (que je connaissais pas mais dont il m’a souvent parlé en racontant les pires choses à son sujet avant qu’elle ne me contacte il y a quelques mois via ce blog et qu’elle me raconte sa version de l’histoire). Après avoir échangé un ou deux e-mails, nous nous étions souhaité mutuellement un belle vie sans lui, et ça s’était arrêté là.

Sauf que là… Je m’apprêtais à faire demi-tour pour lui demander si par hasard, elle ne se prénommait pas M. quand j’ai entendu qu’elle criait mon prénom !

Elle avait déjà vu mon visage (en photo) et savait que je faisais du vélo. Elle m’a reconnue malgré la casquette. Nous sommes allées boire un café, totalement groggy par cette coïncidence incroyable. J’ai bien conscience que d’écrire ça est terrible (et digne d’un mauvais scénario) et qu’il n’y a aucune chance que vous me croyiez mais je m’en fous totalement. Elle et moi savons que nous n’avons pas rêvé. Et pour être sûre de ne pas avoir tout simplement halluciné cette rencontre, je suis repassée dans le même coin au retour de mon périple à vélo mais cette fois-ci, je l’avais appelée avant et nous avions rendez-vous chez elle (vu qu’elle vit désormais là-bas avec son gendarme de chéri – ouais, ça paraît incroyable quand on la connaît mais je ne suis plus à une surprise près !!!).

J’ai appris énormément de choses que je ne savais pas encore sur mon mari. Nous avons pu recouper nos infos avec des dates et des événements précis. Bien entendu, l’enfumage que j’ai subi est bien pire que je ne le pensais ! M’enfin bref, ce n’est pas le propos.

Je ne sais pas qui ou quoi je dois remercier de nous avoir mis sur le chemin (littéralement) l’une de l’autre mais je lui dois une sacrée chandelle. Et il est difficile de ne pas y voir un signe de quelque chose même si putain de merde purée de pois, je ne suis carrément pas mystique.

Ah et encore aussi dingue (mais je n’étais plus à ça près), Jean m’a écrit un sms la veille de cette rencontre alors qu’il ne m’avait pas donné de signes de vie depuis plus de 2 mois.

N’en jetez plus, monsieur l’Univers, j’ai ma dose. Quoique si vous vouliez m’envoyer un mec bien, cette fois-ci, ce ne serait pas de refus – je vous bise.

Moralité : faites du vélo, c’est bon pour tout !

une flemme monumentale

Photo by Cris Saur on Unsplash

Je ne sais pas ce qui m’arrive mais depuis hier, je suis prise d’une flemme monumentale. Je me sens lourde, je n’ai envie de rien faire.

Pourtant j’ai un truc assez incroyable à vous raconter (je suis allée faire quelques jours de vélo et il m’est arrivé un truc gueudin – comme disent les d’jeunes des années 90 dont je fais partie). D’ailleurs, c’est peut-être ça qui bloque. C’est tellement fou que je peine à m’en remettre (bon j’exagère un peu). Mais y’a aussi qu’ici, l’air est étouffant. Je ne sais pas comment ça se passe chez vous mais là, j’ai l’impression de devoir soulever 1 tonne et demi de gras à chaque fois que je bouge le petit doigt (et on est bien d’accord que mon petit doigt n’est pas la partie la plus grasse de mon corps).

Du coup, vu que chez moi c’est lié, je me sens moyen moyen du côté de la tête.

Sinon, que se passe-t-il de nouveau dans ma vie ?

On m’a offert un boulot. Pour tout vous dire, je n’en cherchais pas mais alors, pas du tout. Ça fait longtemps que la perspective d’un travail salarié me fait fuir à toutes jambes. Sauf que là, ce n’est pas pareil.

D’abord, j’ai besoin d’argent – j’ai un divorce à payer ! Ensuite, c’est pour faire quelque chose que je n’ai jamais fait mais la fille qui me l’a proposé est persuadée que je dispose de toutes les compétences nécessaires… Bon. Et puis, ce n’est que pour 6 mois (et pas un jour de plus !), dans une petite équipe, avec des horaires mais pas trop et du télétravail.

Je ne vous raconte pas comment j’ai hésité d’autant plus que j’avais plus ou moins planifié d’aller cueillir des olives en Toscane à l’automne, dans une toute petite exploitation familiale bio qui presse avec des outils traditionnels. Ça doit pas être dégueu l’Italie en automne ?!

Finalement j’ai accepté. Je me suis dit qu’il valait sûrement mieux bosser pendant 6 mois avec un salaire qui me permettra de recharger un peu mes batteries financières (moins les frais du divorce – plus de 3000 euros) et pour faire quelque chose qui va sans doute me plaire et où je vais rencontrer plein de nouvelles personnes plutôt que de devoir prendre un job mal payé dans 3 ou 4 mois, par obligation.

Je vais donc rester 6 mois au même endroit. Enfin, pas tout à fait puisque je vais quand même garder des chèvres (les ovins, c’est la vie !!) vers Castres la deuxième quinzaine de juillet. Il se trouve que je m’étais engagée avant.

le côté obscur de la force

Photo by Julián Gentilezza on Unsplash

Ayé, ça fait quelques semaines que je suis passée du côté obscur de la force, à savoir : instagram !

Woui, j’ai un compte instagram : https://www.instagram.com/marie_sans_importance/

Il y a peu de chances que j’y poste des photos de ma trombine quoique, on n’est à l’abri de rien par les temps qui courent…

Dès demain matin, je commencerai la série “En avant toutes”, autrement dit, des photos de mon trajet vers la Vélorution Universelle 2019 puis de la VU en elle-même.

Des bibis

les 3 tiers

J’ai entendu un gars un jour – il y a quelques temps déjà – qui disait ça : quoi que tu fasses, il y aura toujours un tiers des gens qui s’en foutent, un tiers des gens qui trouvent ça nul et le dernier tiers qui va aimer ça et t’encourager. J’ai décidé de me concentrer sur le dernier tiers.

J’ai très peu de gens autour de moi alors ils sont peu nombreux à me soutenir et à ne pas lever les yeux au ciel ou à continuer de répondre à leurs sms quand je parle de mes projets : mon amoureux, une ou deux copines, une ou deux personnes dans mon travail et puis c’est tout.

En ce moment, j’ai plusieurs projets sur le feu (tous commencés mais ça n’avance pas vite) : une école en ligne avec un premier cours destiné aux personnes qui passent un examen, essayer de publier régulièrement sur mon site pro, écrire un deuxième livre pratique (qui porte sur … et ben non, je ne le dis pas, et toc), écrire un roman (je m’éclate grave à créer des vilains et des vilaines en ce moment), publier des trucs sur ce blog et aménager un appartement que j’ai acheté l’année dernière pour le louer en location saisonnière (en Airbnb, quoi !).

Je sais que ça parait beaucoup pour une seule personne mais c’est parce que je pense quitter la France pour un temps indéterminé début 2021, avec mon vélo, of course (pas le vélo, bien sûr, c’est une randonneuse). Comme il y a peu de chances que je réussisse à survivre avec de l’amour et de l’eau fraiche (non, je ne suis pas respirienne – si, si, il y a vraiment des gens qui croient que c’est possible !!! D’ailleurs, quand l’un de leurs gourous ultra médiatisé s’est fait gaulé, il y a quelques années, par un journaliste dans un aéroport américain, bien planqué, en train de boulotter des hamburgers, il a dit à ses adeptes que c’était la seule manière de contrer les ondes électromagnétiques du méchant aéroport. Et vous savez quoi ? Ils l’ont cru…).

Voilà, j’ai digressé. Je sens que cette maladie de la digression me reprend.

Cet article est super décousu et je vais encore sauter du coq à l’âne pour répondre à une question de Cristophe sur mon statut amoureux-sexuel.

Cristophe, j’espère que tu es assis.

Je me suis mariée… et avec Jean, le 17 novembre 2018. Et ben oui, l’ami, même moi, je suis tout étonnée.

Faut dire qu’on en a passé des phases entre notre séparation et maintenant. Et mon petit doigt me dit que ce n’est que le début. Bon bref, je suis désormais mariée mais point de panique, je vis toujours seule, comme une grande fille. Peut-être que je parlerai de ça un jour, peut-être pas.

A part ça ? A part ça, une vieille amie vient de refaire son apparition dans ma vie et ça me fait bien plaisir.

A part ça, je vis une vie de patachon, à bosser la plupart du temps. Sauf les 10 derniers jours qui ont été assez délicats sur le plan de la santé : des nerfs bloqués dans le dos, d’où de grosses difficultés à respirer à fond – j’ai un emphysème, c’est mieux si je respire en mobilisant la totalité de mes poumons mais là, pas possible – l’apogée du truc a été atteint mercredi vers 11h quand mon cœur a commencé à tachycarder à 130 bpm alors que j’étais assise sans rien faire – ça a duré 3 heures avec de l’arythmie et une jolie petite panique en plus. Je pense que ce sont certaines des voies nerveuses en souffrance qui ont provoqué ça et pas le cœur – enfin, je veux croire ça, plutôt. La galère le lendemain et encore aujourd’hui pour pédaler, j’en chie comme un rat mort.

A part ça donc, pas grand chose.

un souvenir d’enfance

Voici une petite nouvelle écrite, elle aussi,  dans le cadre de l’atelier que j’ai suivi avec Martin Winckler.

Le thème : Écrivez votre meilleur souvenir d’enfance mais raconté par une autre personne (qui a assisté à la scène).

Un petit commentaire si vous en voulez encore (ça m’encourage grave !).

 


‘enfance

Le jour où…

Je ne sais pas pourquoi vous voulez savoir tout ça. Marie aurait très bien pu vous les raconter elle-même, ses souvenirs. Je suis une vieille femme. J’ai la mémoire sélective…

Pourtant, je me souviens très bien d’une journée en particulier. On me l’avait déposée le matin, je ne sais plus pourquoi. Elle devait gêner pour une raison ou pour une autre ; c’était peut-être le jour où ils ont déménagé. Je ne sais plus exactement. C’est loin tout ça.

Je l’aimais bien cette gamine. Elle n’était pas comme les autres enfants qu’ils ont eus. Elle passait son temps à lire allongée dans l’herbe, au fond du jardin. Ce jour-là, il faisait beau. Elle était derrière la maison. Elle ne devait pas avoir plus de 4 ans. Je l’entendais rigoler, je me suis dit qu’elle devait être avec le petit voisin. J’avais préparé des madeleines pour le goûter.

En me penchant par la fenêtre pour les appeler, je me suis aperçue qu’elle était seule. Elle s’amusait à courser les papillons avec son petit vélo rouge. Une idée m’a traversé l’esprit. J’allais sûrement m’en mordre les doigts mais voilà, il fallait qu’elle sache. Et il le fallait aujourd’hui !

J’ai lâché les madeleines. Je suis descendue à la cave pour chercher les outils de mon défunt mari – je me souvenais qu’il en avait une caisse pleine quelque part dans le capharnaüm qui lui servait d’atelier. Lorsque je suis remontée, je devais avoir l’air de quelqu’un qui veut en découdre parce qu’elle a stoppé tout net de pédaler et elle me regardait d’un air grave.

– Marie, viens voir par ici que je te montre quelque chose.

Elle a immédiatement pris l’air de celle qui a fait une bêtise. Il faut dire qu’elle en faisait souvent à cette époque. Elle est arrivée mi souriante mi penaude, ne sachant pas ce qui allait lui tomber sur le coin du nez.

J’ai empoigné son vélo, l’ai retourné d’un coup et ai commencé à farfouiller dans la vieille caisse. J’ai finalement réussi à trouver ce dont j’avais besoin. En deux coups de clefs, je les ai enlevées et lui ai remis le vélo dans les mains.

– Maintenant, vas-y, remonte et pédale, lui ai-je ordonné.

Ella a grimpé sur la selle, très confiante, a décollé un pied du sol en appuyant sur la pédale de l’autre côté. Ça n’a pas loupé, à peine avait-elle fait un mètre qu’elle est tombée.

– Recommence !

Vaillante, elle est remontée sur le vélo et est retombée encore plus rapidement.

– Attends, je vais te tenir un peu mais il faut que tu pédales, vite.

Elle a murmuré un tout petit « oui » mal-assuré. Je l’ai tenue pendant deux ou trois mètres en m’efforçant de courir à côté, puis je l’ai lâchée. Elle s’est affalée de tout son long sur le vélo. De petites larmes pointaient mais elle n’a rien dit à part le mot magique : Encore !

On a recommencé tout l’après-midi. Je me souviendrais toute ma vie de sa joie quand elle est enfin parvenue à faire quelques mètres sans mon aide. Au bout de deux heures, j’étais en sueur et elle était pleine de bleus et d’écorchures. Enfin, elle savait.

Nous sommes rentrées pour dévorer les madeleines. Elle n’en finissait pas de me raconter ses exploits.

Je savais qu’ils allaient m’enguirlander mais j’avais fait ce que je devais faire. Je n’ai jamais eu d’enfant alors j’ai gravé cet après-midi en moi : son rire surtout et ses petites larmes, aussi.