poème ratp

Photo by Victor Rodriguez on Unsplash

J’ai participé au concours de poésie de la RATP. Mon poème n’a pas été sélectionné pour faire partie des 100 finalistes alors je me suis dit que je pouvais le poster là. Peut-être aura-t-il plus de succès 😀

Il m’a été inspiré par les nombreux témoignages d’agression que subissent les femmes dans le métro. Je me doute que la ratp n’a pas très envie de mettre l’accent sur ce fléau. Et effectivement, afficher ce poème-là dans le métro aurait sans doute fait tâche (bon, ils l’ont peut-être tout simplement trouvé mauvais mais moi, je l’aime bien).

Je prends souvent le métro mais n’ai, pour l’instant jamais eu à subir ce genre de violences). Je crois que si ça m’arrivait, j’aurais très envie de crever ce putain de bâtard (excusez-moi ce moment d’égarement, je voulais dire que j’aurais envie de signifier poliment à l’agresseur qu’il n’a pas le droit de disposer de mon corps comme si j’étais un objet).

Bref, voilà ce que ça donne :

Un flash
Immobile
Des plumes
J’attaque le tout au scalpel
Mon t-shirt sent très fort la transpiration
Aurais-je suffisamment de temps ?
J’écrase une mouche, d’un geste, par dépit
Une odeur de vin rouge
Il souffle comme un buffle
Cligner des yeux
La tâche
S’agrandit
Finalement, je suis descendue aux Abbesses

je ne suis pas une p… de déesse

Photo by Matt Lee on Unsplash

Ça fait un moment que ça me travaille. Et quand ça me travaille à ce point, il faut que ça sorte.

Je suis au regret de vous annoncer que je ne suis pas une putain purée de pois de déesse, ni autre chose que toutes les femmes seraient.

Tous les ans, autour de la période de la journée de lutte pour les droits des femmes (le 8 mars), on a droit a des tas de conneries sur les femmes. Elles seraient toutes belles, fortes, gentilles et tout le toutim.

Non, toutes les femmes ne sont pas belles. Toutes les femmes ne sont pas fortes ni gentilles ni maternelles ni chaipasquoi ! Je ne comprends pas du tout pourquoi certaines femmes (dont certaines sont féministes) nous rebattent les oreilles avec leurs clichés de femmes déesses. Je trouve ça aussi con idiot que de dire que tous les hommes sont des salauds.

Il m’arrive d’être forte mais des fois non. Il m’arrive d’être belle mais des fois non (surtout le soir après une certaine heure ou très tôt le matin). Il m’arrive d’être gentille mais souvent je ne le suis pas (et n’essaie même pas de m’adresser la parole avant mon premier café). Je suis parfois ambitieuse et parfois pas. Je n’ai pas spécialement envie de m’occuper des autres, ils sont assez grands pour le faire eux-mêmes (quel que soit leur genre). J’ai parfois envie de taper les gens autour de moi et j’ai parfois envie de leur faire des bibis. Je n’ai pas toujours le cœur sur la main, ni la compréhension qu’on attend d’une femme (sic !). Je ne suis pas maternelle pour un sou. D’ailleurs, les bébés ne m’émeuvent pas et je n’aime pas spécialement les enfants. J’aime certains enfants mais pas du tout pour leur condition d’enfant. Je les aime pour leur personnalité propre, parce que je les trouve chouettes.

C’est la même chose pour les femmes. J’aime certaines femmes pour leurs qualités mais pas toutes.

La sororité est une grosse connerie un concept absurde. Les femmes du clan Le Pen ne sont pas moins coupables que leurs homologues masculins. Ce sont toutes des personnes dangereuses. Comme vous, j’ai croisé des femmes qui étaient de vraies salopes harpies et d’autres qui étaient géniales. Quand je rencontre une femme, je ne me dis pas “Chouette, une nouvelle copine !”, je ne me dis rien, enfin rien qui ait un rapport avec son genre.

Etre une femme ne dédouane de rien. Etre une femme ne protège de rien. Etre une femme ne dit rien de notre personnalité.

Wouah, ben ça m’a fait du bien de sortir tout ça ! Dis-moi ce que tu en penses en commentaire, ça m’intéresse.

l’amie perdue

Le thème de l’atelier dont est issu le texte ci-dessous était : L’ami.e perdu.e

Et il n’y a pas de fichier audio parce que je viens de mettre à jour mon wordpress et que je ne retrouve pas mes petits dans la nouvelle administration : pas pratique, moche et chiant. Ils auraient du se casser une jambe au lieu de pondre un truc aussi con !



Ça fait tellement longtemps qu’on se connaît toutes les deux que je ne sais plus vraiment quelles ont été les circonstances exactes de notre rencontre. Je me souviens d’un matin glacial, du vent contre lequel je devais marcher en direction du collège et presque immédiatement après de ta présence chaude et déjà douloureuse. Était-ce vraiment cette fois-là ou n’ai-je pas plutôt tendance à reconstruire le passé à partir de bribes de souvenirs épars ?

Ce dont je suis sûre, c’est de la réaction de ma mère lorsque je lui ai parlé de toi. Elle en était toute retournée. Beaucoup plus heureuse que moi. Elle m’a parlé de notre future cohabitation et de l’importance que celle-ci aurait, de cette amitié particulière destinée à accompagner toutes les grandes étapes de ma vie. Ce sont ses mots, pas les miens. Difficile à comprendre pour cette petite fille que j’étais encore, à 12 ou 13 ans, je ne sais plus. Elle voulait te rencontrer. Je ne lui en ai jamais accordé le droit. Notre relation était trop intime pour être partagée.

Nous avons eu des débuts difficiles. Tu étais parfois violente et récalcitrante. Tu adorais te faire désirer, gamine gâtée. Les années passant, tu es devenue une vraie compagne. Avec toi, j’ai appris la féminité et tous les trucs de filles qui vont avec : les déceptions, les doutes, les imprévus, les angoisses de dernière minute mais aussi les grands moments euphoriques quand finalement tu survenais.

Nous nous sommes doucement habituées l’une à l’autre. Nos rendez-vous sont devenus plus réguliers, toujours rassurants. Deux fois, je me souviens, tu as manqué à l’appel. Paniquée, j’ai du courir les hôpitaux pour te retrouver . Mais heureusement, ton absence à chaque fois a été de très courte durée (deux mois, je crois, tout au plus).

J’ai aimé ta présence toutes ces années, même si parfois tu arrivais sans crier gare. Certains de mes compagnons t’ont connue, d’autres pas. Aucun ne t’a véritablement aimée. Tu en as même effrayé un, je m’en rappelle, un samedi après-midi d’errance sexuelle. Je ne l’ai jamais rappelé cet idiot. Blanc comme un linge, on aurait dit qu’il avait vu la vierge !

Depuis quelques années déjà, tes visites se font moins régulières. Ça a commencé il y a 4 ans, un été. J’ai pensé alors que tu fuyais la chaleur. Cette année, j’ai bien cru que je t’avais perdue pour toujours. Et puis non, faiblarde mais toujours vaillante, tu as pointé ton museau un matin de juillet. Je sens bien que tu t’étioles et que nos têtes-à-têtes sont de plus en plus courts. C’est difficile pour moi de te perdre toi, la garante de ma féminité, tour à tour honnie et adorée.


mais qu’est-ce que j’ai fait aux banquiers ??

 

banque

banquiers

Ben oui, je me pose la question parce que je suis encore tombée sur une banquière… euh… spéciale.

Je devais faire le changement de domiciliation de mon compte en banque, donc je suis allée à la banque (logique) avec l’intention d’en ressortir quelques minutes après. Et bien, ça ne s’est pas passé tout à fait comme ça.

Comme je suis nouvelle ici, je me suis trompée de porte et suis rentrée dans la banque par la porte du personnel (n’importe quoi ??!!). Bref, là je rencontre une femme qui me dit, parce que je me confondais en excuses, que meuh noooon c’est pô grave et que je n’ai qu’à la suivre dans son bureau pour lui raconter ce qui m’amène. Je lui dit donc que je viens d’arriver et qu’il faut juste qu’on change la domiciliation blablabla mais que, si ça la dérange, on peut prendre rendez-vous pour un autre jour etc.

Là, elle me dit que non, non, non, on va faire ça tout de suite pendant qu’on y est. Et c’est là que ça a commencé. Elle me demande d’où je viens, ce que je fais dans la vie et tout un tas de trucs utiles comme mon numéro de compte… C’était donc plutôt normal comme début de conversation. Et là, elle enchaîne sur sa vie qu’est pourrie, et que son mec veut pas se barrer, que ça fait 10 ans qu’elle se le traîne, qu’elle n’en peut plus, qu’il est violent…

J’étais bien embêtée pour elle mais quand même prise de court. Je ne savais pas trop quoi dire. Alors j’ai fait ce que j’ai pu : je lui ai donné le numéro contre les violences faites aux femmes, l’ai rassurée, l’ai écoutée jusqu’au bout…

La pauvre avait vraiment besoin de tout lâcher. Je me trouvais là et je crois qu’elle n’a pas pu se retenir. Je suis vraiment triste pour elle parce que si elle s’est ouverte à moi, c’est peut-être qu’elle n’a personne autour d’elle pour pouvoir parler.

Ça a duré une bonne heure et demi. J’en suis sortie toute groggy avec une question : mais qu’est-ce que j’ai fait aux banquiers ? Ben oui parce que ce n’est pas la première fois que ça m’arrive. Lorsque j’habitais à Poitiers, ma banquière me parlait pendant des heures de sa maman qu’était malade. A Bordeaux, mon banquier avait des problèmes sexuels avec son épouse et me demandait des conseils. Des conseils ????!!! A moi !!

Ils sont comment vos banquiers ? C’est la profession qui les rend comme ça ou alors ça vient de moi qui provoque la confidence sans le vouloir ?

 

violences

schémas et reproduction

schémas_et_reproduction

Deuxième article de la journée : et ben ça va tomber de la merde (comme dirait l’autre).

Je suis en colère contre moi-même. Je suis en pleine reproduction d’un schéma que je connais bien. Y’a pas, j’aime souffrir. Et je ne suis jamais tombée amoureuse d’un garçon qui ne m’aurait pas fait souffrir… C’est con mais jusqu’à présent, ça a toujours été comme ça. Je ne sais pas qui de la poule ou de l’œuf précède l’autre. Je ne sais pas si je tombe amoureuse parce que je souffre ou si j’éprouve le besoin de souffrir parce que je suis amoureuse.

Là, avec zou : tout va bien ! Et ben non, j’ai tellement envie de trouver le troisième mec de ma vie que je fais tout pour me persuader que c’est lui. Du coup, vu que ça va, il faut bien que je trouve un moyen de me torturer parce que sinon, je ne pourrais pas tomber amoureuse de lui. Putain que je suis tordue. J’en ai marre…

Ce mec, il a tout ce qui faut : il est honnête, il est indépendant, il a des amis, des passions, une famille qui l’aime et qu’il aime, il fait des trucs de sa vie… Et au lit, je ne vous raconte même pas comment je prends mon pied !

Ben du coup, ça va pas. Je ne peux pas seulement apprécier ce qu’il y a entre nous : je veux plus, je veux les sentiments qui me soulèvent de terre, je veux les doutes, je veux le putain de grand tremblement… et que ce soit réciproque en plus.

Je voudrais vivre sans amour – ce serait tellement plus simple – mais je n’y arrive tout simplement pas. Je me sens faible et je recommence à me comporter comme une pauv’ fille qui veut qu’on l’aime. Je me fais un peu  pitié…

[Et tout ça pour un jour où il n’avait pas le temps de venir me voir, pfffff. Ça promet (^_^)]

 

 

muze

muze (et pas Muse ou muse) est un magazine que j’affectionne tout particulièrement. Dès qu’il sort, je me précipite à la bibliothèque de mon quartier pour déjà en dévorer des bouts avant de pouvoir l’emprunter (3 mois après) pour m’en délecter bien tranquille chez moi.

J’aime toujours. J’ai l’impression de me remplir de bonnes choses.

Voici le lien vers le blog de muze, si ça vous intéresse.

Ma rubrique préférée ? L’atelier d’écriture, bien sûr. Je ne le fais pas toujours mais des fois oui.

PS : en relisant ce post, je me dis qu’on dirait une pub – si ça se trouve, j’ai de l’avenir dans la pub (^_^).

 

les filles à poils

les_filles_à_poils

Non, ce n’est pas un appel pour que les filles se mettent à poil mais une petite réflexion personnelle à propos des filles qui choisissent de laisser pousser leurs poils de jambes et d’aisselles. Je ne parle pas de quelques poils qui se battent en duel ou d’une épilation un peu ancienne. Non, je parle des vrais poils de 3 cm bien noirs sur des papates bien blanches.

Pendant mon petit périple et souvent dans les milieux “alter”, j’ai croisé plusieurs filles qui avaient fait le choix du naturel total. Les deux dernières étaient brunes et moi, y’a pas, je trouve ça super moche. Déjà que je ne suis pas très attirée par les poils des mecs, ceux des filles ne m’attirent pas plus. Je ne suis pas non plus une adepte du total look sans poil c’est-à-dire du sexe épilé pour parler clairement. En fait, je trouve le fait qu’un garçon désire le sexe d’une fille épilée, un peu… comment dire… limite. Pour moi un sexe de fille sans poil est un sexe de petite fille (mais y’a peut-être que moi sur Terre qui pense ça). Et je ne pense pas que les garçons qui préfèrent ça sont des pédophiles, hein. N’allez pas me faire dire ce que je n’ai dit. En plus, il y a sans doute des effets de mode qui font faire certains choix et pis le côté pratique peut-être. En gros, c’est pas mon truc et du coup, les mecs qui me conviennent sont des mecs qui préfèrent les poils à cet endroit.

Du coup, ce que je viens de dire va l’encontre de ma faible attirance pour les poils des jambes et des aisselles. Ben oui ! Je suis comme ça : incohérente (mais pour ma décharge, je ne vois vraiment pas pourquoi je devrais l’être – cohérente). Bon OK, les aisselles ça passe mais les papates ; je ne peux pas.

PS : Siouplait, dans les commentaires (en parlant de ça, je commence à vous répondre dès que je peux – c’est-à-dire demain sûrement), ne me sortez pas les arguments féministes. Je les connais et je m’en fous. Moi aussi, je suis féministe.

désobéir au sexisme

Cet après-midi, j’ai lu ce livre :

desobeir_sexisme

J’aime bien la collection Désobéir. J’avais acheté Désobéir dans l’entreprise (d’ailleurs je l’ai prêté mais je ne sais plus à qui).

C’est concis, ça se lit vite et surtout ça ne réfléchit pas à ma place…

Bref, dans Désobéir au sexisme, les auteurs évoque une initiative plus qu’intéressante engagée par Luc Frémiot (dont on nous dit qu’il était à l’époque procureur de la République à Douai) pour lutter contre les violences domestiques.

1. ce ne sont plus les femmes victimes  qui partent (fuient) du domicile, ce sont les auteurs de ces violences qui vont passer un petit séjour en foyer d’accueil

2. les policiers ne doivent plus se contenter d’une main courante. Une plainte est déposée et l’auteur est placé en garde à vue.

3. la victime est prise en charge par une association d’aide…

Si vous souhaitez en savoir plus sur les actions entreprises, vous pouvez lire l’audition de Luc Frémiot par la mission d’évaluation de la politique de prévention et de lutte contre les violences envers les femmes.

Voilà, quand on sait qu’en France une femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son conjoint, que chaque année 75 000 femmes sont victimes de viol (je ne parle encore que des chiffres de notre beau pays) – ce qui représente 200 cents viols par jour – c’est-à-dire un viol commis toutes les 7 minutes et que – soit dit en passant – la violence domestique est la principale cause de mortalité ou d’invalidité des femmes entre 16 et 44 ans (avant le cancer et les accidents de la route)… Bref, quand on prend conscience de l’énormité de ces chiffres dans un pays “civilisé”, on a envie de retrousser ses manches parce qu’il semble qu’il y ait encore pas mal de boulot !!

J’ai pris ce livre à la bibliothèque parce qu’en ce moment j’ai une collègue qui passe des moments difficiles. Je crois qu’elle fait partie de ces femmes victimes de violences dans leur foyer. A priori dans son cas, il ne s’agit pas – j’espère – de violences physiques mais d’autres formes de violences… D’ailleurs, j’ai appris à l’occasion d’une visite de la Maison des Femmes de Bordeaux avec mes stagiaires qu’il y avait de nombreuses formes de violences faites aux femmes. En dehors, des coups, des viols, la loi reconnaît également les violences économiques, psychologiques ou encore administratives.

Bref, XXXX (je m’adresse à ma collègue) , je ne sais pas quoi faire pour t’aider. Si tu me lis – parce que je crois que parfois c’est le cas – je suis là pour parler, pour rigoler autour d’un verre, pour aller au resto, pour un ciné (pour une séance shopping, je passe mon tour, tu me connais) ou pour autre chose.