Aujourd’hui va y avoir, non pas du sport (référence à une vieille chanson des années 90), mais du son.
Au tout début du mois de février, j’ai été invitée par Stéphane Ebel pour parler de mon livre au coin du feu (c’est le titre d’une émission qu’il anime sur BacFM, une radio neversoise bien connue ici).
En fait, on a parlé de plein de choses : de vélo évidemment, de musique (un peu), de consommation, de gilets de toutes les couleurs, de mon prochain projet d’écriture…
J’ai vraiment passé un très chouette moment. Ce billet me donne l’occasion de remercier très fort Stéphane, Lætitia (l’ingénieure du son) et Catherine pour leur accueil très chaleureux en ce froid matin d’hiver (c’était avant la vague de chaleur).
Il y a quelques temps, une amie de 30 ans (et ouais, c’est dingue quand même de vieillir aussi vite) m’a prêté un livre d’une auteure que je ne connaissais pas du tout. Depuis, j’ai appris qu’elle avait reçu le prix Renaudot pour ce roman autobiographique.
C’est un tout petit livre mais qui m’a profondément marquée.
J’ai eu l’impression de replonger dans mon enfance (et pourtant je ne suis ni de la même génération que l’auteure ni originaire de la même région). En lisant, j’ai beaucoup pleuré parce que j’y ai retrouvé le monsieur qui m’a servi de père et qui est mort depuis plus de 20 ans. Un monsieur sans éducation scolaire, qui ne savait pas beaucoup lire et encore moins écrire mais qui savait reconnaître le chant des oiseaux, qui connaissait le nom de tous les arbres, la saison où poussent les légumes et des tas d’autres trucs.
Je me souviens de sa fierté d’avoir changé de condition (passé de garçon de ferme à ouvrier qualifié). Je me souviens de sa passion pour Dalida et de l’odeur des gitanes maïs. Je me souviens qu’il avait prévu de faire des tas de choses quand il serait à la retraite…
J’ai décidé de vous lire deux passages de ce livre qui résonnent particulièrement en moi. J’espère que vous les aimerez.
Extrait n°1Extrait n°2
Ce matin, je suis allée à la bibliothèque. Du coup, j’ai pris cet autre petit livre-là :
Depuis peu, je suis en train de transformer (de mettre à jour) un vieux blog pour en faire mon blog professionnel.
Mon blog professionnel
Si ça vous intéresse, c’est là ! Mais si vous vous y rendez, ayez bien conscience que vous le faites à vos risques et périls (en effet, vous serez confrontés à mon vrai nom et ma vraie tête, bouh).
Vous y trouverez aussi :
un jeu pour gagner mon livre « Consommez moins pour vivre mieux »
des articles sur les thèmes autour desquels je travaille avec mes clients
des outils gratuits à télécharger pour améliorer (si vous en avez besoin) votre gestion du temps, par exemple.
Il n’y a pas beaucoup de matière pour l’instant parce que je n’ai commencé qu’au début de ce mois.
et Marie 2.0 (sans importance) dans tout ça ?
J’ai envie que ce blog-ci (celui que vous êtes en train de lire, là maintenant) (re)devienne un peu plus créatif, qu’il retrouve un peu de sa loufoquerie initiale. Je ne sais pas à quelle fréquence je pourrais publier des bidules et des machins mais ce que je sais, c’est que j’aimerais beaucoup y faire apparaître plus de montages audio, des interviews de gens que je rencontre, des textes, des poèmes, des dessins… mais pas forcément de moi.
Si l’envie vous prenait de m’envoyer un bout de vous (évitez les morceaux de corps – trop flippant, on n’est pas dans Seven quand même – ou les fluides – trop dégueu), je pourrais le déposer ici avec un lien (ou pas, c’est vous qui voyez) vers votre site/blog…
Je me dis, du coup, que si je publie régulièrement des choses de vous, le blog devrait changer de nom. Que diriez-vous de « Sans importance » ?
Comme d’habitude, j’en fais trop !! Et puis, ça ne doit pas être la formule exacte vu que ce qu’on est censé manger c’est plutôt du solide mais bon, vous avez compris l’idée (et compris aussi par la même occasion que je suis un peu nulle question religion).
Bref, tout ça pour dire que vous pouvez lire le sommaire et un extrait de mon livre (Consommez moins pour vivre mieux) en suivant ce lien.
Voici une autre nouvelle écrite dans le cadre de l’atelier d’auto-fiction animé par Martin Winckler.
Le thème était : Seul(e) dans la nuit.
Toujours 3000 signes environ.
Bonne lecture (ou bonne écoute ou les deux).
PS. Bien entendu, je ne fête jamais Noël mais si vous me lisez depuis un moment, vous le savez. S’il-vous-plaît, ne soyez pas désolés pour moi.
Seule dans la nuit
A 8 ans, on est grande. Et quand on est grande, on va à
l’école toute seule. Marie pilote un très beau vélo rouge. Elle aime sentir le
vent dans ses cheveux quand elle pédale. Cette année, parce qu’on l’a changée
d’école (de famille aussi mais c’est une autre histoire), elle doit traverser
une grande forêt pour y aller et en revenir. Ça sent bon et puis c’est beau
tous ces dégradés de vert, d’ocre et de marron. Elle regarde de tous ses yeux. Pourtant,
depuis quelques jours, quelque chose a changé : elle sent une sorte
d’oppression dans son ventre quand elle parcourt le bois, au guidon de son beau
bolide rouge. Elle n’a pas peur, non ! Elle est grande.
C’est l’hiver maintenant. La nuit tombe vite. Elle pédale de
plus en plus fort pour ne pas se faire piéger par les ombres, pour ne pas
entendre les bruits bizarres que font les arbres… ou peut-être que ce ne sont
pas les arbres. Les jours raccourcissent et son ventre se noue de plus en plus.
Juste avant les vacances de Noël, elle explique à Madame Vincent qu’elle ne
veut plus rentrer à vélo : il fait froid, il fait nuit, elle se sent toute
petite, elle entend des bruits de craquement quand elle traverse la forêt, elle
a l’impression qu’un monstre la suit. Madame Vincent lui répond que ce sont des
bêtises de petite fille, qu’elle ne doit pas faire l’enfant, que ça suffit
comme ça, qu’elle doit rentrer à vélo, qu’elle n’a pas le choix, que ses pleurs
et ses angoisses n’y changeront rien.
Maintenant, Marie a vraiment peur de rentrer de l’école.
Alors, elle reste le plus longtemps possible. Elle s’accroche au maître et lui
pose des tas de questions pour reculer le moment d’enfourcher son vélo. Elle
pédale de plus en plus vite pour échapper aux ombres et aux ogres tapis dans le
sous-bois mais elle sent qu’elle est trop petite, qu’ils vont bientôt
l’attraper, elle le sait.
Elle attend les vacances avec impatience. Il neige. Le froid
lui fait mal aux mains et aux pieds. Les monstres savent bien qu’elle est faible
et qu’elle ne pourra pas leur résister.
Les vacances sont là. Elle est sauvée. Elle adore Noël : il
y a des lumières partout et ça sent bon le pain d’épices dans la maison. Et
surtout, elle n’est plus obligée de traverser le bois toute seule. Elle passe
ses après-midi dans sa chambre-bibliothèque à lire et à inventer ses vies
futures. Elle sera écrivain, c’est sûr, ou jardinière ou chanteuse, sûrement
les trois.
Ce soir, Madame Vincent n’est pas là. Elle est partie
quelques jours pour voir sa famille qui habite loin, dans l’est. Monsieur Vincent
et Marie l’ont accompagnée jusque sur le quai de la gare. Ils rentrent tous les
deux et passent la soirée devant la télé. Elle a le droit de veiller un peu
tard. Il est gentil, Monsieur Vincent. Sentant ses yeux se fermer, elle part se
coucher dans sa chambre-cocon. Elle aime s’endormir parmi tous les livres. Elle
n’entend pas la forêt, elle n’entend pas le vent qui hurle dans les branches.
Un bruit de craquement. Une respiration forte. Un ogre. Il a
du réussir à faufiler son corps monstrueux sous la fenêtre. Elle retient son
souffle. Elle essaie de disparaître. Avec ses grands bras, il fouille le lit à
la recherche de son tout petit corps. Il a trouvé sa jambe. Elle sent ses
griffes l’attirer vers le bord…
Quand il a fini, il lui dit de se taire, que c’est un secret.
Après Noël, elle retourne à l’école et traverse de nouveau
la forêt. Mais quelque chose a changé, elle n’a plus peur des bruits des arbres.
Elle sait désormais que les vrais monstres l’attendent dans sa chambre.