même pas peur

Artistic work of painting representing salsa and bachata dancing croud night entertainment (source Getty images)

J’aimerais bien vous raconter mes aventures romanesques et mes amourettes sans importance mais bon, comment vous dire ça simplement : y’en a pas !

Je suis en pleine traversée du désert sentimental mais je vais plutôt bien. Comme si j’étais en train (en vrai) de me réapproprier ma vie. C’est fou parce que ça ne devrait pas. Sur le papier, ça ne paraît pas foufou : je suis de nouveau à Nevers, je suis au chômage (enfin, je ne gagne toujours plus ma vie avec mon activité professionnelle), je n’ai pas de mec et pas l’ombre d’un intérêt sexuel pour quiconque (à part pour Melvil Poupaud et Pio Marmaï mais ça ne compte pas), j’habite dans un studio de 15 m2 sans jardin, je n’ai même pas de chat et en plus, il caille grave…

Sur le papier donc, je devrais voir la vie en noir sombre. Sauf que, comment dire, je vais carrément bien. Je dirais même que j’aime de nouveau ma vie. Dingue ! J’en suis la première surprise.

La dernière fois que j’étais dans cet état mental, j’étais à Bordeaux et je vivais dans des conditions qui n’étaient pas du tout les mêmes. La seule chose en commun entre ces deux moments de ma vie, c’est que je n’avais pas de mec. Je n’irais pas jusqu’à dire que ceci explique cela mais quand même, ça me pose question…

Pour vous dire à quel point je me sens de mieux en mieux, j’ai commencé une nouvelle activité. Ça m’a pris un peu d’un seul coup. J’ai passé un coup de fil et paf ! Je me suis retrouvée le premier mercredi de janvier dans une salle avec d’autres personnes à essayer de lutter contre ma répulsion naturelle à être touchée par des gens que je ne connais pas.

Je vous vois venir : non, je n’ai pas commencé les partouzes ! En fait, depuis le 5 janvier, je passe mes mercredis soir à danser la Bachata. Et franchement, ce n’était pas gagné que j’aime ça ! Pour tout vous dire, c’était même le contraire. OK, j’adore danser depuis toujours (en soirée, je peux facilement danser pendant 2 ou 3 heures d’affilée). Mais je déteste qu’on m’impose quoi que ce soit à ce niveau, que ce soit des mains sur mon corps ou des pas imposés (je hais carrément les bals trad pour cette raison).

Donc là, on partait très très mal : c’est l’homme (ou la personne qui joue ce rôle) qui guide et qui indique à sa partenaire ce qu’elle doit faire, on danse très très (je vais en mettre un autre) très près l’un de l’autre, avec des figures très codifiées et le premier monsieur avec qui j’ai du danser s’était apparemment lâché sur les oignons et soufflait pas mal en comptant ses pas (merci le masque mais tu pourrais quand même mieux faire ton boulot, pfff). Sauf que j’y suis retournée la semaine suivante et encore celle d’après…

Je suis en plein franchissement des limites de ma zone de confort ; je suis gênée aux entournures et pas qu’un peu (genre hier soir, un gars m’a quand même dit « laisse-toi faire », ce à quoi j’ai répondu « évite de dire ce genre de choses à une femme, quand même, c’est limite ») mais quand je sors de la salle à 21h, dans le froid et la pluie, je suis heureuse.

Bon, je vous mets quand même une vidéo de Bachata (ah oui au fait, je n’aime même pas ce genre de musique) pour que vous vous rendiez compte de ce à quoi la chose devrait ressembler (bon, avec le groupe, on n’en est pas là, hein ! – on ne s’embrasse pas à la fin) :

Je mesure l’étendue des limites que je vais devoir encore franchir. Souhaitez-moi bon courage les amishes !

humeur de janvier

J’avais prévu d’écrire cet après-midi en attendant que mon linge soit lavé, au lavomatique, comme d’habitude le dimanche (c’est vrai que ça commence à devenir routinier – mais moi, j’aime bien certaines routines, surtout celles qui m’aident à conjuguer deux objectifs). Mais lorsque je suis arrivée, toutes les machines étaient occupées pour encore au moins une demi-heure.

J’ai passé la nuit dernière chez un copain qui fêtait ses 50 ans, un peu loin de chez moi. Nous nous sommes tous couchés tard. J’étais donc crevée… et en plus, il fait vraiment très froid et je n’avais pas le courage d’attendre. Alors je suis rentrée chez moi, avec mes vêtements sales.

Ma muse m’ayant désertée pour le week-end, voici une petite sélection musicale de ce que j’écoute en ce moment (du vieux, du très vieux et du plus récent).

1. Hobo Johnson & The LoveMakers – Peach Scone

2. KRS-One – Sound of da Police

3. Mansfield.TYA x Odezenne – Une danse de mauvais goût

4. OrelSan – L’odeur de l’essence

5. Keren Ann & Quatuor Debussy – Strange Weather

je ne suis plus en colère

Depuis quelques temps maintenant, je ne suis plus en colère contre Jean. Alors, ça ne veut pas dire que je lui ai pardonné, telle une Madone catho, tous les mensonges et les souffrances qu’il m’a fait endurer. Non, évidemment. C’est seulement que j’en ai marre de ressasser des trucs moches et de pourrir mon présent avec des façons de faire qui, après tout, sont à lui (et pas à moi).

Je ne veux pas devenir le genre de personne aigrie par ses histoires d’amours. Je me suis trompée de gars et j’ai clairement pris (c’est le cas de le dire) des vessies pour des lanternes. J’ai confondu ses silences avec de la profondeur, sa belle gueule et ses sourires enjôleurs avec de l’amour sincère. Il n’en était rien, soit !

Mon envie irrépressible de faire couple (de créer ce partenariat amoureux que je cherche depuis si longtemps) m’a égarée.

Alors, ne comptez pas sur moi pour me rapprocher de gars qui ne me plaisent pas au prétexte que tous les beaux seraient des salauds – c’est tout simplement impossible et puis, je n’y crois pas. La beauté du cœur, oui ! Mais bien enrobée s’il vous plaît (enfin enrobée par des attributs qui m’attirent).

Il se trouve que j’ai des goûts très affirmés mais que je peux trouver aimables des styles tout à fait différents. Bon OK, j’avoue que j’ai une préférence pour les mecs pas trop grands, un peu râblés sans être gros, plutôt bruns, de teint mat et avec de grands yeux noirs (tout le contraire de Jean).

Dans ma « carrière » d’amoureuse, je n’ai croisé et aimé le « modèle » décrit ci-dessus qu’une seule fois. Bon, le gars en question a mal fini mais ça n’a pas de rapport avec le sujet principal. Je voulais juste indiquer que je ne suis finalement pas tellement fixée sur une plastique-type.

Ce qui est pratique (si je puis dire) avec le fait de ne plus être en colère, c’est que quand je croise quelqu’un, je n’ai plus tendance à aboyer. Il m’arrive même de rire. Avouez que c’est un progrès et que c’est un peu plus engageant. Bon, mais ça ne fait pas tout…

En ce moment, Waterloo morne plaine, je ne croise aucun homme susceptible de me plaire. Pourtant (peut-être parce que les mecs sentent les filles qui sont en friche sentimentale), je me fais assez souvent draguer.

Un mec m’a même envoyé plusieurs gif animés de bouquets de fleurs sur LinkedIn (vous avez bien lu) parce que j’avais du liker un de ses posts professionnels !!!! Gnéééééé ! D’où ça marche ce genre de trucs ? Enfin la question est : quelle fille trouve ça charmant ? Désolée messieurs, j’ai 50 ans pas 120 (ou 14) !

Dans le genre bizarre, j’en ai une autre : il a fallu que je dise de manière très explicite à un jeune de la salle de sport (beau brun, râblé, de grands yeux noirs mais 19 ans, putain purée de pois 19 ans !!!!) que j’avais 50 ans, que je pouvais presque être sa grand-mère (en insistant sur ce point) et que je n’étais carrément pas intéressée pour qu’il consente à me lâcher les baskets. Je n’ai pas bien compris ce qu’il me trouvait. A moins que ce soit pour compléter son album panini (si vous avez mon âge, vous savez de quoi je parle, sinon une recherche sur internet devrait vous renseigner rapidement). Je me dis qu’il devait lui manquer la grand-mère sportive pour compléter une page ???!!!

Et ma question est donc la suivante : où sont les mecs célibataires, normaux, gentils, fidèles, et sincères ?

Et vu que certain.es d’entre vous sont sans doute assez tenté.es de me répondre « dans ton cul », je ne peux que leur opposer un bien à-propos « ben non, justement ». Désolée pour la vulgarité mais je n’ai pas pu m’en empêcher.

Ah et puis j’oubliais, bonne année les z’amish !

besoin d’une petite cure

Alors voilà, depuis ces derniers jours (3 semaines environ), ça ne va pas très fort. Sans vraiment savoir pourquoi, j’ai le moral dans les talons (souvent, c’est l’estomac mais là, dans mon cas, c’est le moral qu’est au niveau de mes chaussettes, ras des pâquerettes…). Bon bref, ça craint.

Je crois que j’ai atteint le niveau le plus bas jeudi ou vendredi – à moins que ce soit ce matin pendant mes 10 minutes de méditation passées à pleurer (pas chouiner, juste pleurer) : les larmes coulaient toutes seules.

Je ne sais pas bien pourquoi je me sens mal. Des causes multiples : le manque de luminosité, la pluie (la neige même), le froid, le vent, la dette chronique de sommeil, une sorte d’épuisement de toutes mes ressources, comme si je n’avais plus de jus sous le capot. Sans compter que si ça continue comme ça, je vais me retrouver coincée ici pour passer l’hiver. Les frontières ferment les unes après les autres et les infos selon lesquelles le bordel va sans doute recommencer me sont parvenues (pourtant, je fais tout pour ne pas savoir : je ne regarde ni n’écoute les infos, je ne lis pas les journaux, je n’utilise désormais facebook que pour mon boulot).

Je me sens usée. Je n’écris presque rien en ce moment ; aucun entrain pour le faire, aucune (presque) poussée créative. Je me sens vide.

Mais comme ça m’est déjà arrivé souvent dans ma vie, je sais que ça va passer. Je patiente, j’essaie de trouver des stratégies pour m’occuper de moi. Bien sûr, je ne peux pas m’empêcher de me recroqueviller encore plus sur moi-même ; ce qui sans doute ne m’aide pas. Mais voilà, il faut aussi que j’accepte que je me suis construite avec ce genre de système de défense. Quand je souffre et que je me sens faible, je fuis les contacts sociaux – tout en imaginant que ce sont les autres qui me fuient.

En fait, je pense que les gens préfèrent les personnes gaies et vivantes, pleines de projet et d’enthousiasme. C’est peut-être plus faux que je ne le crois. Peut-être que ça les gonfle en fait. Je me pose mille questions sur comment je devrais être pour ne pas déplaire.

Je sais bien que ça va passer mais c’est quand même pénible, cette dépression saisonnière et ce putain de noël à la con qui arrive, en plus.

Du coup, je me suis dit que j’allais commencer une petite cure. Il y a un choix pas possible !! Jus de carotte, monodiète à la pomme, cure thermale, levure de bière, magnésium, pissenlit et artichaut…

J’ai choisi la cure de chocolat (arrosée d’une petite bière de temps en temps). Par le passé, ce type de traitement à fait des merveilles sur mon niveau de motivation : je fabriquais tellement de cellulite que j’étais contrainte de sortir de chez moi pour aller nager si je voulais continuer à rentrer dans mes jeans’.

Allez hop, à bientôt (avec mes 5 kilos en plus).

la haine des pigeons

Je ne me souviens plus d’où vient cette image, crotte de bique.

A chaque fois que je suis amenée à parler « pigeon » avec quelqu’un – ce qui n’arrive pas tous les quatre matins, je le concède – la personne en face de moi me raconte sa haine, sa détestation, son dégoût des pigeons.

Certains les nomment les rats des airs, d’autres les trouvent cons comme la lune… Bref, la plupart du temps, ils n’ont pas bonne presse.

Alors oui, ils font caca partout mais s’ils ont colonisé nos villes c’est parce que nous, les humains, leur donnons à manger dans nos poubelles.

Si vous habitez Paris – même si vous ne faites qu’y passer, d’ailleurs – et que vous vous retrouvez pas loin d’un parc (une simple plate-bande suffit) à la tombée de la nuit, vous pourrez voir des dizaines de rats sortir d’en dessous, se glisser dans des anfractuosités cachées et escalader les poubelles pour s’y nourrir. Ils ont investi nos villes parce que nous les nourrissons. Brrr, j’en ai froid dans le dos !

Mais revenons à nos pigeons ! Sont-ils idiots ? A priori, le fait de choisir de vivre dans des endroits avec un accès illimité à la nourriture n’est pas complètement absurde. Ils font comme nous (et comme les rats d’ailleurs). En fait non, ils font même mieux que nous puisque, jusqu’à preuve du contraire le béton, le bitume et le verre n’ont aucun pouvoir de création de nourriture… Et pourtant nous nous y entassons.

Ensuite, moi je les trouve plutôt placides et de bonne composition. Ils évoluent tranquillement par terre et se poussent juste assez pour que nous puissions passer sans leur marcher dessus. Ils roucoulent à qui mieux mieux quelle que soit la météo et ils ne sont pas agressifs, à part dans les hallucinations de ma grand-mère.

Là, il faut que j’explique évidemment pourquoi ma grand-mère voue une véritable haine aux pigeons. Il y a une trentaine d’années (mon grand-père vivait toujours), elle s’est mise à prendre beaucoup mais alors beaucoup trop de médicaments pour dormir. Son « médecin » (je mets entre guillemets ce mot parce que, vu ce qui suit, on peut douter de ses compétences professionnelles) lui avait prescrit des somnifères et lui avait dit qu’elle pourrait augmenter la dose régulièrement au fur et à mesure de l’affaiblissement de leurs effets au cours du temps. Oui, c’est dingue de dire à un patient de régler lui-même la posologie d’un psychotrope, comme ça tranquillou billou, mais voilà, ce monsieur n’en était ni à sa première ni à sa dernière « bourde » (il n’a jamais été inquiété par le conseil de l’ordre, ni par la sécu, ni par aucun patient à qui il prescrivait une pleine page (parfois deux) de médicaments à chaque consultation). Oups !

Vous vous en doutez déjà, il est arrivé ce qui devait arriver : ma grand-mère est devenue accro aux somnifères et aux antidépresseurs (parce qu’il lui avait évidemment prescrit les deux, en plus de tous les autres médicaments pour ci ou ça qu’elle avalait tous les jours). Et un jour, elle s’est mise à avoir des hallucinations, nous racontant que les pigeons (voilà, j’y reviens) voulaient lui picorer les yeux et qu’ils la guettaient quand elle sortait.

A l’hôpital, ils ont pudiquement mis un mouchoir sur ce cas manifeste de grand n’importe quoi thérapeutique et sur le fait que son médecin avait transformé cette ménagère de plus de 50 ans en junkie, en disant qu’elle avait malheureusement fait (tenez-vous bien) un empoisonnement du sang par les médicaments. Mais qu’est-ce que c’est que cette expression de merde crotte de bique ?

Ils l’ont sevrée. Elle a arrêté de prendre ces médocs à la con inutiles dans son cas. Elle est redevenue la grand-mère normale (enfin, normale comme elle l’était avant c’est-à-dire névrosée et caractérielle) que je connaissais depuis ma naissance et tout le monde a oublié cette histoire (sauf moi, apparemment). Depuis, elle en a gardé une haine des pigeons – et dans son cas, c’est bien compréhensible – mais pas de son fameux médecin qu’elle a gardé jusqu’à ce qu’il parte en retraite parce qu’elle le trouvait gentil. Mais woui mais ma pauv’ dame, la gentillesse ça ne fait pas tout et en matière de compétences médicales et ce n’est pas forcément un gage de fiabilité (même s’il est vrai qu’il est quand même plus agréable de consulter des professionnels de santé aimables et cordiaux).

Tout ça pour dire que moi, j’aime bien les pigeons parce que je trouve qu’ils ont tout compris à la vie : ils ne se plaignent jamais, ils aiment bien se faire des câlins les uns les autres, ils chantent dans le vent glacé (comme tous les oiseaux, Dominique A) et ils se sont adaptés aux conditions de vie difficiles que nous leur avons imposées.

Chapeau le pigeon (mais enlève quand même cette fichue feuille si tu ne veux pas te prendre un mur) !