Maman, Je t’écris uniquement à toi parce que je suppose que papa s’en fout. Ce camp est nul à chier. Je ne connais personne et les anims sont super relous à vouloir qu’on fasse leurs activités débiles. On n’a le droit au portable que deux heures par jour. Je veux rentrer à la maison. Envoie-moi un peu de sous s’il-te-plait. Bibis Lisa PS. je t’aime
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Ici, s’est vraiment super. on s’eclatte à mort. Lisa fait sa grande comme dabitude. Je la déteste. Je me suis ecorcher tout le long du bras droit au foot. MDR ! Théo
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Ma chère Marie, Les enfants sont en camp de vacances aux Sables d’Olonne et j’ai décidé de partir quelques jours toute seule de mon côté. La première fois en 18 ans. Il l’a bien cherché. Je pense beaucoup à qui tu sais. Bises, à bientôt. Stéphanie
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Maman, Je suis partie quelques jours toute seule pour faire le point. N’appelle pas à la maison mais plutôt sur mon portable. Ne t’inquiète pas, tout va bien. J’espère qu’il ne fait pas trop chaud à Limoges. Je passe mes journées à lire et à me promener autour du village. C’est beau l’Ardèche ! Je t’embrasse Stéphanie
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Maman, Laisse tomber les sous. J’ai trouvé une autre solution. J’ai enfin rencontré les bonnes personnes. 🙂 J’ai appelé à la maison et sur ton portable, personne ne répond. Qu’est-ce qui se passe ? C’est chiant. A part ça, il fait trop beau, on se baigne tout le temps. Bibis Lisa
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Maman, L’Inde est un pays magnifique, plein de traditions déconcertantes. La pauvreté est partout. Il faut vraiment faire quelque chose pour ces gens. Lorsque j’aurais fini mon initiation, j’aimerais beaucoup créer une fondation pour leur venir en aide – surtout aux enfants. La boite de grand-père pourrait sûrement me financer, non ? On en reparlera. Je t’envoie de l’amour et de la lumière Camille (ou plutôt Angayarkanni comme on m’appelle ici)
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Ma chère Camille, Ton idée est formidable. J’en ai parlé à quelques unes de mes amies du club. Elles sont prêtes à te soutenir. Thomas viendra t’accueillir à l’aéroport. Ton père, comme à son habitude, n’est pas disponible et je serai déjà en Normandie. Je t’embrasse, à très bientôt Maman
Puisqu’on n’est pas jeudi et que je ne vais pas vous parler d’un film (référence à une vieille tradition de ce blog où le jeudi, je parlais d’un film), je me suis dit que j’aimerais beaucoup, beaucoup, beaucoup vous parler d’un livre que je suis en train de lire (je l’aime tellement que je ne peux même pas attendre la fin).
Vus que vous êtes de fins limiers, vous avez sans doute compris que je suis en train de dévorer Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur d’Harper Lee.
C’est un livre dont j’avais beaucoup entendu parler – comme l’un des chefs d’œuvre (rien que ça) de la littérature contemporaine des Etats-Unis – mais que le hasard n’avait jamais mis sur ma route.
Et là paf, pendant l’une de mes nombreuses visites à la bibliothèque municipale de cet été (j’ai fait une vraie cure de lecture – je dois être toute pimpante, du coup, après tous ces mots – j’ai lu de tout, du léger, du lourd, du bien, du très bien et du bof…), je suis tombée dessus au détour d’un rayonnage. Ni une ni deux, je l’ai embarqué mais comme j’étais déjà en train de lire un roman et deux ou trois essais (je ne peux pas lire deux romans en même temps, par contre tout le reste, je les lis par brassées – un pour le matin avec le café, un après déjeuner et un avant le dîner quand ça mijote – le roman, c’est un peu tous les soirs) je ne l’ai pas commencé tout de suite.
Bon d’accord, tout le monde s’en fout !
Nous sommes dans une petite ville d’Alabama, au tout début de la grande dépression et l’histoire est racontée par Scout, toute jeune au début du roman, fille d’un avocat qui a décidé de défendre un noir accusé d’un viol (mais ça, on ne le sait pas tout de suite). Scout est une gamine très douée (surtout en lecture) et elle nous fait partager son quotidien d’enfant avec Jem son frère, Dill son amoureux, Cal la cuisinière… et plein d’autres personnages.
Et ben, je vais vous dire, j’adore vraiment vraiment et peut-être bien que Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur va rentrer dans mon top 10 de tous les temps (lequel de mes romans préférés vais-je devoir rétrograder ? – mystère et boule de gomme).
Je chiale quasiment tous les soirs tellement je trouve ça sensible, bien écrit, drôle, frais…
Il aimait bien ce moment, après le match, quand tous les gars se retrouvaient au vestiaire avec le coach. Ils faisaient partie des meilleures équipes de la région, même si certains d’entre eux commençaient à se faire un peu vieux. On entendait à droite à gauche que Vincent, Karim et Julien devaient raccrocher l’année prochaine pour jouer chez les plus de 30 ans. Ce moment viril était souvent l’occasion de briller, entre mecs. Il en profitait alors pour étaler ses connaissances à propos de la gente féminine et de faire baver les potes devant les photos de ses nombreuses conquêtes. C’est vrai qu’il savait y faire avec les femmes. En même temps, ce n’était pas très compliqué avec sa belle gueule, il lui suffisait d’enrober le tout avec un peu de baratin pour remporter le pompon. Il avait sous le coude quelques phrases d’accroche qui fonctionnaient quasiment à tous les coups et ensuite, il ne lui restait plus qu’à leur faire croire qu’il les écoutait avec la plus grande attention. La plupart du temps, il s’en foutait comme de sa première capote mais pour les convaincre qu’elles occupaient toutes ses pensées, il avait son arme secrète.
Ce dimanche matin-là, c’est Vivian, leur goal, qui avait défini le thème des discussions en racontant une des nombreuses conneries qu’il avait faites à l’armée. A Laval, où il faisait son service, le respect des horaires était tellement strict que si tu passais le portillon 1 minute en retard, tu te tapais 3 semaines de corvée de chiottes. Vivian qui avait du mal, ce soir-là, à quitter sa copine, s’était mis à courir en sortant de la chambre d’hôtel. Il était si concentré sur le timing qu’il avait oublié d’enfiler son futal. C’est le regard paniqué du troufion de service allant de sa tête à ses jambes qui l’avait alerté. Vivian mimait la scène de manière tellement réaliste qu’ils rirent de bon cœur. Il n’avait pas seulement écopé de 3 semaines de corvées de chiottes mais aussi d’une suppression de ses deux perm’ suivantes.
Puis ce fut au tour de Régis de raconter une anecdote. Puis de Philippe. Karim n’avait pas fait l’armée en France, Julien avait été réformé P4 (ça le faisait marrer, le con). Les histoires se succédaient et il commençait à paniquer grave parce qu’il ne restait plus que trois gars qui n’avaient pas parlé. Trois gars dont lui, qui avait été réformé pour trouble psy. Personne ne le savait. Il avait tellement honte ! Il aurait préféré mourir que d’avouer qu’il n’avait pas fait l’armée parce qu’il avait pissé au lit pendant les trois jours. Lui-même ne comprenait toujours pas pourquoi un truc pareil lui était arrivé.
Il sentait le rouge lui monter aux joues. Plus que deux
gars. Il cherchait désespérément un truc à inventer mais plus il réfléchissait,
moins il trouvait. Son cœur commençait à battre vraiment très très vite. Il
n’arrivait plus à déglutir. Il avait l’impression que tous les mecs le
regardaient bizarrement, qu’en fait, ils savaient ce qui s’était passé et que
c’était l’unique raison de cette soi-disant anecdote de Vivian. Ses poumons
cherchaient l’air. Plus qu’un. Il n’entendait plus qu’un vague brouhaha très
lointain.
– Eh oh, ça va ?
– Hein ?
– Mec, t’as pas mangé ce matin, ou quoi ? C’est ta cuite
d’hier ?
– Quoi ?
– Ben ‘Tophe, t’as glissé du banc. Tu t’es étalé comme une
merde, là, juste devant nous.
– Ah ? Non, tout va bien. Ça va, ça va, je vous dis.
– Vas-y, t’agace pas. Bon, c’est pas tout ça mais faut que
j’bouge. On mange chez les parents de Séverine aujourd’hui.
Il l’avait encore échappé belle mais pour combien de temps ? Les histoires de régiment refaisaient souvent surface ces derniers temps…
Il s’agit aujourd’hui d’écrire une nouvelle en partant d’une petite annonce.
Voici la petite annonce en question (j’ai utilisé un site très connu et j’ai choisi la première annonce de la liste “France entière” et je trouve que le hasard fait décidément bien les choses) :
Évidemment, si on regardait de très très près, on pouvait voir que c’était des faux mais la vieille avait la vue basse et il était persuadé que ça passerait comme une lettre à la poste. Encore lui faudrait-il convaincre Julius d’être son intermédiaire mais ça, il en faisait son affaire : un bon gueuleton et une jolie pépée devraient suffire.
Pour fignoler sa supercherie, il avait acheté un lot de CDV
sur le Bon Coin. Il y en avait 107, les trois qu’il avait patiemment créés
s’intégreraient parfaitement dans la série. Ça faisait plusieurs semaines qu’il
y travaillait : il avait chiné du papier, l’avait vieilli avec du café et du
thé, il avait même emprunté la vieille presse de son père pour écraser le bord
des photos afin de leur donner la patine propre aux objets souvent manipulés.
L’étape Photoshop n’avait été qu’une formalité. A force de filouter pour tout,
il avait acquis une certaine maîtrise de la chose.
Comme tout le monde, il avait commencé au collège en imitant
la signature de ses parents – celle de sa mère lui avait donné du fil à
retordre parce qu’elle était vraiment emberlificotée, faite de pleins et de
déliés (sa mère devait penser que ça faisait classe, que ça pouvait la faire
passer pour quelqu’un de la haute). Il avait continué naturellement avec les
bulletins de notes qu’il interceptait avant que ses parents ne rentrent du
magasin – une chance, ils rentraient toujours tard – et il avait enchaîné, un
poil au dessus, c’est vrai, avec les diplômes qu’il n’avait jamais obtenu, les
fausses fiches de paye et les lettres de recommandation bidons.
Aujourd’hui, il s’attaquait à la crème de la crème : il
voulait que la mère Weichgestein crache 100 000 balles pour qu’il ne révèle pas
au journal local que sa soi-disant descendance noble était du flan. Et du très gros
flan, en plus. Ça faisait des années qu’elle faisait croire à tout le monde
dans la région qu’elle était la petite dernière de la famille de Moûtier,
revenue après la guerre pour reprendre possession du château du même nom que
les boches avaient annexé pendant trois ans. C’est son arrière grand-mère qui
lui avait révélé le pot aux roses alors qu’il était tout petit. Tout le monde
disait qu’elle yoyotait mais lui, il l’avait cru. La « grande dame »
était en fait une des bonniches du château qui était restée dans les parages
pendant toute la guerre. Et elle le savait bien, son arrière grand-mère, puisqu’elle
aussi avait été bonniche chez ces gens-là. A l’époque, elle s’appelait Léontine
Foussard et pas du tout Margaux de Moûtier.
Mais à la fin de la guerre, l’arrière grand-mère avait été
tondue et elle avait définitivement perdu la boule. Après avoir donné naissance
à sa seule et unique fille (la grand-mère de Christophe), elle avait été
internée dans un établissement pour les gens comme elle. Sa mère l’emmenait
parfois chez les dingues et c’est pendant ces moments-là qu’il avait appris
toute l’histoire de la bouche-même de son aïeule. Il en était sûr, ces
révélations allaient financer l’achat de son prochain bijou : une Porsche 911
Carrera S. Il lui resterait peut-être même de quoi gâter sa favorite du moment,
une coiffeuse blonde platine qui s’appelait Paloma (Delphine en fait, mais il
préférait Paloma).
Il allait falloir qu’il la joue fine. Cet empoté de Julius
ne devait pas vendre la mèche en révélant qui lui avait donné les fameuses
photos où on voyait la famille de Moûtier au grand complet avant la guerre.
Julius était le seul maillon faible de son plan. Comment pouvait-il se passer
de lui ? Il allait devoir réfléchir encore un peu. Qui peut attendre au dernier
jour sera facilement le maître du monde, comme se plaisait à répéter sa folle
dingue d’arrière grand-mère.
Je n’aurais jamais du être encore là à cette heure-ci. J’avais fini ma séance depuis plus d’une heure mais Lulu m’avait demandé de rester pour l’aider à choisir ses tenues pour sa prochaine vidéo. Comme d’habitude avec Lulu, on avait plus parlé que bossé. Elle venait de rencontrer un nouveau mec – un nouvel élève – et elle commençait déjà à fantasmer alors qu’elle ne l’avait vu qu’une petite heure lundi dernier. Ce n’était pas la première fois ni la dernière sans doute qu’elle se faisait des films. Je l’écoutais distraitement en essayant de recentrer les débats sur ces fichues tenues.
Lulu était l’une des plus belles filles que je connaissais. Prof de yoga (et donc, gaulée comme une déesse), elle bossait trois jours par semaine dans ce club de bourges. Le reste du temps, elle continuait à alimenter sa chaîne Youtube. C’est grâce à cette activité d’ailleurs que ce club huppé l’avait repérée vu qu’elle était sans doute la prof de yoga la plus célèbre de France. Ils n’avaient pas lésiné sur le salaire et Lulu avait négocié quelques petits bonus dont elle me faisait bénéficier étant donné que j’étais sa plus vieille amie. En temps normal, je n’aurais jamais pu me payer des cours dans ce genre d’endroit. Je crois même que ça ne m’aurait même jamais traversé l’esprit.
Lulu et moi, c’est une vieille histoire. On s’est rencontrées pendant l’hiver 86, alors que des tombereaux de lycéens défilaient en chantant « Devaquet, si tu savais, ta réforme, ta réforme… Devaquet, si tu savais, ta réforme où on s’la met ! Au cul, au cul, aucune hésitation… ». Je crois qu’on n’oublie jamais sa première manif. Enfin moi, je ne l’ai jamais oubliée. Il faisait un froid polaire et comme d’habitude, je n’étais pas assez couverte – plutôt morte que mal habillée ! Quand on est ado, on tient à son style. Après nos marches joyeuses, on s’engouffrait par paquets dans toutes sortes de cafés (même ceux qu’on boudait en temps normal). On s’est retrouvées toutes les deux côte à côte, sur la même banquette défoncée du bar des amis (où le patron semblait mettre un point d’honneur à ne jamais nettoyer les chiottes), déchaussées et essayant coûte que coûte de faire revenir un peu de sang dans nos pieds congelés.
On avait les mêmes chaussettes, des Burlington bleues et beiges ! C’est con mais ça nous a fait rire. Elle a commandé deux grands chocolats en hurlant et j’ai mis environ deux secondes supplémentaires pour tomber follement amoureuse d’elle, de sa voix un peu rauque, de sa mèche décolorée. J’étais comme ça à l’époque, je fonctionnais aux coups de foudre. Elle n’a jamais su comment je l’avais aimé d’amour avant d’opter pour l’amitié. On passait des heures toutes les deux à boire du Cacolac, des bières, de la Ricoré au lait, du thé, les tisanes bizarres de sa grand-mère. On se racontait nos vies, celles qu’on vivait et celles qu’on voulait vivre. On fumait des clopes et des pets, beaucoup parfois. Ma mère était persuadée que Lulu était une fifille à son papa sans histoire, sauf que moi je savais tout de ses errances et de ses failles, que je savais qu’elle pétait déjà pas mal les plombs. Lulu, c’était ma pote mais quand on a déménagé pour commencer la fac, elle s’est mise à traîner avec des gars pas très clairs – des vrais déjantés, des qui font peur. On s’est éloignées l’une de l’autre pendant quelques années. Quand on se croisait, c’était bizarre, un truc était cassé. Nous n’étions plus les mêmes. Je savais bien qu’elle n’allait pas très fort. Elle n’avait jamais été bien grosse mais là, elle faisait peur. Mes questions restaient sans réponse alors j’ai arrêté de les poser.
On s’est perdues de vue pendant plus de 20 ans avant de se croiser par hasard à Paris. Elle avait repris des couleurs, elle semblait bien dans sa peau. Ce jour-là on ne s’est pas parlé de ces toutes années passées loin l’une de l’autre. On était pressées. On s’est donné rendez-vous le lendemain. Et le lendemain, on a parlé de nos parents respectifs, de comment ils allaient. Et finalement, on n’a jamais vraiment eu de discussion. De mon côté, j’ai reconstruit son histoire avec les quelques bribes qui filtraient de temps en temps, au fil de nos conversations retrouvées. Mais ce n’est pas de Lulu dont je voulais parler aujourd’hui.
Je disais que ce soir-là, je n’aurais pas du être encore au
club. J’étais en train de prendre ma douche quand j’ai entendu quelqu’un
pleurer dans la cabine d’à côté, de gros sanglots à peine masqués par le bruit
de l’eau. Alors que je m’essuyai, je l’ai entendue renifler. J’ai dit :
« Des fois, ça fait du bien de pleurer. Vaut mieux laisser couler que
d’essayer de tout garder pour soi. » Silence… Je l’avais coupée dans son
élan. J’ai repris : « Ça va mieux ? ». Toujours pas de réponse. Je ne
sais pas pourquoi mais en me rhabillant, j’ai décidé d’attendre pour voir qui
était cette personne qui tentait d’étouffer un si gros chagrin. Ce n’était pas
habituel dans ce genre d’endroit. Les gens sont plutôt là plus pour se montrer
à leur avantage. Ça m’intéressait de voir la tête de celle qui était passée
outre ce commandement silencieux. Je me suis assise sur le banc et j’ai
attendu. Elle n’a pas mis longtemps à sortir en regardant à droite et à gauche
pour s’assurer qu’il n’y avait plus personne dans les vestiaires. Manque de bol
pour elle, j’étais encore là. Elle a failli re-rentrer dans la douche puis
s’est finalement ravisée.
« – Alors, ça va mieux ?
– Oui, ça fait du bien une bonne douche !, a-t-elle lâché en
reprenant une contenance plus adaptée aux traditions du club.
– Moi c’est Marie, enchantée !
– Stéphanie, de même.
– Ça fait longtemps que vous fréquentez le club ?
– Non, c’est la deuxième fois que je viens. Mon mari a des
entrées gratuites avec son boulot. »
C’était donc ça. Elle ne ressemblait pas aux femmes qu’on
voit ici d’habitude. Elle n’était pas décolorée et n’affichait pas ce port de
tête typique des gens qui ont de l’argent.
Quelques mois après, Stéphanie serait devenue une très très
bonne copine mais ça, je ne le savais pas encore. Tout comme je ne savais pas
encore que son mari, Christophe, était un vrai connard et que je l’avais croisé
quelques jours avant à la piscine du club où il m’avait fait une impression
très désagréable.