premier voyage au Chili

Photo aérienne de Santiago
Photo by Juan Pablo Ahumada on Unsplash

Je suis arrivée à l’aéroport Arturo-Merino-Benítez un peu avant 7h du matin (heure locale).  J’avais quitté Paul depuis 6 mois mais la plaie n »était toujours pas cicatrisée. Prendre l’air très loin de lui et de notre ancien quotidien était censé m’aider à l’oublier et à passer à autre chose.

Pourquoi le Chili ? Aucune idée. Je n’y connaissais personne ; ce qui n’était pas une raison suffisante parce que c’était le cas de la plupart des pays du monde. Je m’imaginais de vierges étendues de pampa mais dans le bus qui m’emmenait dans le centre de Santiago, je voyais surtout défiler des grands magasins et des immeubles. Pas très dépaysant pour le coup.

C’était la deuxième fois que je mettais les pieds sur le continent sud-américain. Je ne parlais toujours pas espagnol même si je connaissais dorénavant un peu plus de mots que les quatre qui m’avaient aidée à traverser le Venezuela et la Colombie quelques années auparavant.

J’avais réservé un appartement sur internet en me basant sur les photos et les commentaires des voyageurs précédents, standardisés au possible. Loin de tout ce que j’aimais réellement : blanc, épuré, clinique. Au moins, l’intérieur ne ressemblerait pas à ce que je connaissais déjà. Je voulais effacer Paul et notre vie quotidienne de ma mémoire. Je ne voulais retrouver aucune trace de ces 10 dernières années.

Après un temps qui me parut infini, le bus me déposa enfin à l’arrêt « Maule – Santiago Concha », situé à 5 min à pied de l’appartement – enfin, c’est ce que disait la fiche. Il faisait une chaleur étouffante ce jour-là. Les 5 minutes s’allongeaient implacablement à mesure que je tournais et retournais autour des mêmes endroits sans trouver cette fichue calle Pedro Lagos. J’en avais plus que marre alors je me suis arrêtée dans un café pour enfin oser demander mon chemin.

Il faisait plutôt sombre à l’intérieur. Une jeune femme se tenait derrière le bar, occupée à laver quelque chose. Elle ne releva la tête que quand je me trouvai à un pas du comptoir. Elle m’accueillit avec un grand sourire et je suppose qu’elle me demanda ce que je souhaitais boire – je ne me souviens plus très bien. Avec le peu de vocabulaire dont je disposais, j’essayai de lui expliquer que je cherchais une adresse dans le quartier. Nous fûmes interrompues par une voix d’homme assez forte venue de l’arrière cuisine. Ma jeune interlocutrice leva les yeux au ciel avant de disparaitre derrière un rideau de fils.

Après quelques longues minutes, que je passai à étudier l’endroit où je me trouvai, elle réapparut enfin accompagnée de… Paul ! Quoi ? Non, ce n’était pas possible. Et effectivement, ce n’était pas Paul mais son double quasi parfait. Même cheveux longs un peu bouclés, même barbe, même yeux noirs. Par contre, l’homme n’avait pas du tout le même regard, pas du tout la même posture, ni la même façon d’occuper l’espace. C’était Paul en mieux, sans l’air fuyant qu’il avait adopté depuis notre séparation. Paul 2.0 parlait espagnol et me détailla de la tête aux pieds avec un petit sourire en coin. J’en fus toute retournée, troublée comme je ne l’avais pas été depuis longtemps. Il s’approcha de moi et m’expliqua avec beaucoup de douceur où trouver l’appartement. C’était en fait à deux pas.

Lorsque j’arrivai enfin, je mis un bon moment (peut-être une heure) à reprendre mes esprits. Je rangeai mes affaires et prit une douche. Une évidence s’imposa à moi : je voulais le revoir.

le mort dans le bois

Chemin en forêt
Photo by Alessio Lin on Unsplash

Le thème de cette semaine m’a été proposé par Béa (une super autrice illustratrice jeunesse – et même que je vais bientôt l’interviewer pour en faire un petit audio que je posterai ici-même). Il s’agit de continuer l’histoire (texte en italique) :


Il n’avait rien senti. Pas même la morsure du serpent ou l’étranglement fébrile de sa compagne. Pourtant, il était bien mort là, étendu, inerte. Il se demandait s’il resterait longtemps là, allongé, dans les bois. Mais la question lui parut vite absurde. Son corps, déjà, ne lui appartenait plus.

On dit que quand on meurt, on voit défiler toute sa vie. Il n’avait rien vu du tout. Ni film accéléré en technicolor ni tunnel sombre. Rien. D’autres choses clochaient. Par exemple, alors qu’il était censé ne plus rien ressentir, il avait vraiment l’impression qu’un liquide chaud coulait du côté de son bas-ventre. Afin de s’assurer qu’il s’agissait bien d’un artefact de la mort, il tenta de bouger un peu. Impossible, même en y mettant toute son cœur.

Alors qu’il commençait vraiment à se faire à l’idée de sa mort, il sentit distinctement une douleur au bout de son majeur gauche : une morsure ou plutôt – puisqu’il y portait attention – une sorte de mâchouillement. Quelqu’un – quelque chose – avait entrepris de lui manger le majeur gauche. Un rat ? Au moment où il se posait la question. Il sentit exactement la même douleur au niveau de ses orteils gauches. Ce n’était plus un mais maintenant deux rats qui le boulottaient tranquillement.

Panique ! Mais enfin ! Ce n’était pas du tout ce qu’on lui avait dit. Quand on est mort, on ne sent plus rien, on n’a plus de douleurs, plus de pensées. Ce qu’il vivait ne ressemblait pas du tout à ce qu’on devait vivre dans de pareilles circonstances.

Les rats semblaient plus nombreux maintenant, il sentait leurs petites dents acérées un peu partout sur ses membres et même un peu au somment de son crâne. Que faire sinon attendre qu’ils aient fini ? Il ne voyait pas vraiment ce qu’il pouvait engager. Il rassembla ce qu’il pu d’énergie pour essayer de crier afin de les faire fuir mais rien ne se passa. Et là, venu de nulle part, il entendit très clairement une voix de femme. Il ne réussit cependant pas à saisir ce qu’elle disait. La voix venait de loin, de très très loin. Elle était comme étouffée. Puis la voix cessa d’émettre mais les rats eux, continuaient de le mordre de plus en plus intensément. Il avait l’impression que leur nombre s’était considérablement accru et qu’il augmentait de plus en plus, de minute en minute. Sa peur enflait. Elle remplissait toute son attention.

Une autre voix lointaine. Toujours une femme, pas la même. « Réveil » Il avait compris ce mot. Elle avait parlé de réveil.

Il avait l’impression que le noir qui l’entourait jusqu’alors commençait à se dissiper très lentement. Non, ce n’était pas une impression : il voyait vraiment le jour se faire entre ses paupières closes. Et puis la deuxième voix lui paraissait beaucoup plus proche que tout à l’heure. Dans le jargon incompréhensible, il parvenait à distinguer d’autres mots : « Opération » « Parler ». Et puis une phrase complète, une question : « Qu’est-ce qu’il a pris ? »

Les rats quant à eux ne se calmaient pas. Leurs morsures se faisaient plus insistantes. Ils couvraient dorénavant l’ensemble de son corps. Mais pourquoi la femme ne les chassait-elle pas ?

La première voix : « Je ne sais pas. Je l’ai trouvé comme ça en rentrant, devant la maison, le pantalon baissé jusqu’à mi-cuisses. » Il connaissait parfaitement cette voix. C’était celle de Stéphanie, sa femme.

Il faisait de plus en plus jour.

« Il a bougé les paupières ».

Je ne suis pas mort.

Je ne suis pas mort.

Je ne suis pas mort.

Je ne suis pas mort.

rencontre à la piscine

un plongeon dans une piscine
Photo by Lavi Perchik on Unsplash

Le thème de cette nouvelle est un grand classique des ateliers d’écriture puisqu’il s’agit d’écrire un texte en insérant les 10 mots ci-dessous (tirés au hasard sur ce site) dans l’ordre qu’on veut :

Réel / Pièce / Machine / Perspective / Préparer / Baguette magique / Côte / Hôpital / Égout / Loterie


Le docteur Beck n’avait pas mâché ses mots. S’il continuait comme ça, c’était le double (voire le triple) pontage qui l’attendait pas plus tard que dans 5 ans.

A 56 ans, il se trouvait encore bel homme. Bien sûr, il avait pris un peu de ventre mais rien de bien méchant. Son passé de rugbyman lui avait laissé de beaux restes et un bon coup de fourchette, sans compter son goût immodéré pour le bon vin.

La perspective de passer sur le billard ne l’enchantait guère. Il n’avait aucune confiance dans les chirurgiens et les hôpitaux l’effrayaient au plus haut point. Tout le monde sait bien qu’avec ces gaillards-là, c’est souvent la loterie. Pas téméraire pour deux sous, il s’était donc résolu à reprendre assez mollement une activité sportive.

C’était la troisième fois qu’il s’obligeait à nager ce mois-ci et il essayait tant bien que mal de garder un semblant de dignité malgré le bonnet, les lunettes et son visage qu’il sentait rougir au fur et à mesure des longueurs. Il ahanait terriblement et après le troisième aller-et-retour, il se dit que merde, ça suffisait la comédie et qu’il avait assez souffert pour aujourd’hui. Il se préparait à rejoindre le bord quand il la vit approcher du bassin dans son maillot bleu pétrole.

Comme il la trouvait tout à fait à son goût (svelte, beaucoup plus jeune que lui, brune, cheveux courts avec un petit air d’oiseau fragile), il décida de rester dans l’eau pour mettre à profit ses talents de séducteur patenté. Ça faisait longtemps qu’il n’avait pas eu d’aventures et il se sentait pousser des ailes. Finalement, il avait drôlement bien fait de venir un matin, pour une fois. Passés les travaux d’approche, il lui proposerait d’aller déjeuner pour continuer leur conversation et, si tout se passait comme d’habitude, après deux ou trois verres de vin, elle n’opposerait plus guère de résistance et se laisserait conduire tranquillement vers l’hôtel le plus proche, le Walt en l’occurrence. Elle serait très impressionnée par le hall et encore plus par la chambre.

Il devait quand même prendre en compte le réel et donner un peu de sa personne pour préparer le terrain et enclencher la machine à envoûter.

Ah chiotte ! Il n’avait pas vu la copine. Ça ne faisait pas ses affaires qu’elle soit accompagnée. Il allait devoir changer ses plans


– Eh Marie, C’est qui ce type ?

– Personne, je ne sais pas.

– Qu’est-ce qu’il te voulait ?

– Je n’ai rien compris. J’essayais de reculer le plus possible parce qu’il avait une haleine pourrie de vieil égout.

– Il y a du monde aujourd’hui.

– Ouais, pas bien pratique pour nager.

– Bon, je fais encore 200 m et je me barre. On se voit chez Lulu samedi ?

– Yes, à plus.


Patrick ne comprenait pas ce qui s’était passé mais il semblait bien qu’il s’était pris un vent. Qu’à cela ne tienne ! Un peu de résistance rendait la chasse plus intéressante. Il allait l’attendre dehors, dans sa voiture. Lorsqu’elle verrait son bolide, nul doute qu’elle serait impressionnée.

Alors qu’il sortait de la piscine, il interpréta la pluie qui commençait à tomber comme un coup de baguette magique de l’Univers. Une aubaine pour engager de nouveau la conversation. Il lui proposerait tout simplement de la raccompagner en voiture. Elle l’inviterait à boire un café chez elle, pour le remercier. Il n’aurait plus qu’à laisser les choses se dérouler naturellement. Elle se changerait dans la pièce d’à côté et il se glisserait subrepticement dans son dos, pour la surprendre…

Il était encore toute à sa rêverie quand elle sortit enfin en se dirigeant d’un pas rapide vers le garage à vélo.

Il démarra en trombes, faisant gronder la belle mécanique de sa BMW X5 M50d pour attirer son attention mais n’obtint aucun succès puisqu’à ce moment précis, elle tourna la tête de l’autre côté pour déverrouiller son cadenas.

Patrick senti une onde de frustration le traverser de part en part et décida sur le champ de se venger en s’offrant un bon déjeuner au club avec Gérard et Brice qui devaient déjà s’être retrouvés pour l’apéritif. Une bonne côte de bœuf lui ferait le plus grand bien.


la cinglée

Photo by Alex Iby on Unsplash

J’ai trouvé le thème de cette semaine dans un cahier d’écriture que m’a envoyé “Les mots“, l’école d’écriture au sein de laquelle j’avais suivi l’atelier avec Martin Winckler.

C’est une proposition d’Elsa Flageul que j’ai adaptée :

Choisir un personnage de la photo ci-dessous qui raconte, à la 1ère personne du singulier et au présent, ce qu’il se passe. Puis écrire un autre texte à propos de la même photo dans lequel un autre personnage raconte lui aussi à la 1ère personne du singulier la même scène mais au passé, dans un présent qui n’est plus celui de la photo.

groupe de personnes assistant à une conférence
Photo by Product School on Unsplash


Je m’étais mis devant pour être sûr que le chef me remarque. J’étais la dernière recrue de la boite, je devais donc faire preuve d’intérêt pour tout ce qui s’y passait. Évidemment, j’avais réservé des places pour les 3 autres gars de l’équipe. Ils m’avaient prévenu que les grand-messes – qui avaient lieu deux fois par an – étaient des événements incontournables de Leko où se décidaient les promotions et les mises au placard des 6 mois suivants. Nous étions en automne, je m’en souviens parce que j’avais longuement hésité à propos des chaussettes : en mettre ou pas. Ma femme m’avait dit d’en mettre, j’en avais donc choisi des bleues assorties à ma chemise. Je savais bien qu’au cours de ce genre de réunions, les codes vestimentaires seraient plus souples que d’ordinaire mais j’avais quand même mis une cravate. Après tout, tout le monde serait là et nous, les commerciaux, représentions la boite à l’extérieur. Nous devions toujours être impeccables.

Ma présentation n’était prévue qu’en fin d’après-midi et pas en plénière mais au cours d’un atelier qui devait réunir le service commercial au grand complet et la direction. J’étais pas mal fébrile parce que je n’avais jamais rencontré le vieux Wichgestein. Mon chef semblait le craindre parce qu’il nous avait bien briefé les deux dernières semaines sur ce qu’il fallait dire ou pas, sur les chiffres que nous devions préparer, sur le style de questions qu’il nous poserait. Quand il en parlait, il se mettait à suer, lui qui d’habitude se montrait plein d’assurance et n’hésitait pas à nous rabaisser méchamment. Les autres gars m’avaient dit qu’il avait épousé la fille de Wichgestein et que du coup, il s’attendait à être promu numéro 1 à la place de Lagrange qui partait en retraite cette année.

Je commençais à m’impatienter parce que les gars n’arrivaient pas. Je devais en être à mon quatrième café de la matinée quand cette photo a été prise.

C’est, je crois, juste après ça que la tarée a déboulé.



Je n’aime pas être au premier rang, je suis d’un naturel plutôt discret. J’ai choisi le deuxième rang à cause de ma vue. Même avec mes lentilles, je suis le plus souvent incapable de lire les textes des diapos. Je suis content, j’ai réussi à m’asseoir juste à côté de Juliette. On ne dirait pas mais c’est une sacrée nana, Juliette. La première fille que je rencontre qui soit aussi dingue de WoW que moi. On s’y retrouve souvent entre midi et deux mais on n’en parle pas ouvertement. Je sais que c’est elle, elle sait que c’est moi (ou plutôt j’espère qu’elle sait que c’est moi). C’est une Elfe de la nuit, je suis un Draeneï, on est dans le même camp. Je fais semblant de me passionner pour ce que dit le gars de la prod mais en fait, je suis concentré sur le centimètre carré de mon genou gauche qui touche très légèrement celui de Juliette.

Brusquement, on entend des éclats de voix derrière nous. Tout le monde se retourne et je vois Nathalie, ma femme, faire irruption dans la salle de réunion. Je ne sais pas ce qu’elle fait ici. On dirait qu’elle est saoule, elle titube. Qu’est-ce que je dois faire ? Je n’ose pas me lever. Je vois bien qu’elle me cherche du regard. Ses yeux passent sur moi mais ne s’arrêtent pas. Tout le monde s’agite maintenant ; je ne sens plus le genou de Juliette contre le mien.

– Purée mais c’est qui cette folle ? On ne comprend même pas ce qu’elle dit.
Je ne me risque pas à répondre. Ne pas bouger. D’où je suis, je n’entends pas ce qu’elle dit. Elle agite les bras en tous sens, une des bretelles de sa robe a glissé. Elle ne s’aperçoit pas que son sein droit n’est plus couvert par le tissu.

– Christophe !
Elle hurle. Plus personne ne bouge.

– Chriiistooophe !
Les deux mecs de la sécurité arrivent enfin et la saisissent fermement. Ils la traînent en dehors de la salle. On l’entend encore crier à pleins poumons.

Les gens se rassoient tranquillement en se moquant de la cinglée, ma femme. Je sens bien que je suis rouge de honte. De loin, je vois mon chef qui me regarde avec insistance. Il sait qui est elle, il l’a reconnue malgré ses cheveux en bataille et sa démarche chancelante. Je ne sais pas qui est Christophe.


les cartes postales

cartes postales dans un carton
Photo by Christopher Flynn on Unsplash

1

Maman,
Je t’écris uniquement à toi parce que je suppose que papa s’en fout.
Ce camp est nul à chier. Je ne connais personne et les anims sont super relous à vouloir qu’on fasse leurs activités débiles. On n’a le droit au portable que deux heures par jour. Je veux rentrer à la maison.
Envoie-moi un peu de sous s’il-te-plait.
Bibis
Lisa
PS. je t’aime

2

Ici, s’est vraiment super. on s’eclatte à mort.
Lisa fait sa grande comme dabitude. Je la déteste.
Je me suis ecorcher tout le long du bras droit au foot. MDR !
Théo

3

Ma chère Marie,
Les enfants sont en camp de vacances aux Sables d’Olonne et j’ai décidé de partir quelques jours toute seule de mon côté. La première fois en 18 ans. Il l’a bien cherché. Je pense beaucoup à qui tu sais.
Bises, à bientôt.
Stéphanie

4

Maman,
Je suis partie quelques jours toute seule pour faire le point. N’appelle pas à la maison mais plutôt sur mon portable. Ne t’inquiète pas, tout va bien. J’espère qu’il ne fait pas trop chaud à Limoges. Je passe mes journées à lire et à me promener autour du village. C’est beau l’Ardèche !
Je t’embrasse
Stéphanie

5

Maman,
Laisse tomber les sous. J’ai trouvé une autre solution.
J’ai enfin rencontré les bonnes personnes. 🙂
J’ai appelé à la maison et sur ton portable, personne ne répond. Qu’est-ce qui se passe ? C’est chiant.
A part ça, il fait trop beau, on se baigne tout le temps.
Bibis
Lisa

6

Maman,
L’Inde est un pays magnifique, plein de traditions déconcertantes. La pauvreté est partout. Il faut vraiment faire quelque chose pour ces gens. Lorsque j’aurais fini mon initiation, j’aimerais beaucoup créer une fondation pour leur venir en aide – surtout aux enfants. La boite de grand-père pourrait sûrement me financer, non ?
On en reparlera.
Je t’envoie de l’amour et de la lumière
Camille (ou plutôt Angayarkanni comme on m’appelle ici)

7

Ma chère Camille,
Ton idée est formidable. J’en ai parlé à quelques unes de mes amies du club. Elles sont prêtes à te soutenir.
Thomas viendra t’accueillir à l’aéroport. Ton père, comme à son habitude, n’est pas disponible et je serai déjà en Normandie.
Je t’embrasse, à très bientôt
Maman