J’ai mis le point final à ce texte il y a 5 ans déjà et depuis, je n’ai rien écrit (enfin si, j’ai beaucoup écrit pour mon travail (et j’écris toujours sur mon site professionnel) mais ça n’a pas grand chose à voir).
Pendant toute l’écriture, j’étais en colère et j’avais besoin de poser quelque part tout ce passé qui m’encombrait. Je pensais qu’une fois que ce serait fait, ma créativité se réveillerait et que je pourrais enfin me réaliser dans l’écriture (comme un fécalome qui, une fois enlevé, libère l’intestin). Je rêve d’être écrivain (ou écrivaine – prenez ce que vous préférez) depuis mon enfance. Mais je rêve aussi d’être jardinière, chanteuse, naturaliste, de tenir un bar-camping-conciergerie… enfin vous voyez, quoi !
Mais depuis 5 ans, j’ai arrêté d’écrire. La muse écrasée contre mon quotidien pas drôle, je n’ai réussi à faire avancer aucun des projets que j’ai débutés. Empêtrée, enfermée dans des peurs et des angoisses que je parviens seulement depuis quelques mois à endiguer (ah oui et aussi, j’ai fait une dépression – post partum ??), j’étais aux prises avec des « à quoi bon » et des doutes insupportables.
Cependant, depuis quelques semaines, je sens que quelque chose s’éveille à nouveau. La preuve, j’ai de nouveau envie d’écrire ici. Les braises sont minuscules et j’ai besoin d’un souffle continu pour les raviver.
Je ne fais pas de plans sur la comète (ne vous moquez pas de mes expressions, je suis une vieille personne – ou alors si, moquez-vous mais faites preuve d’originalité ;-)). Je ne me donne aucun objectif. Je vais essayer de surfer la vague, tranquillement, comme si je savais le faire.
Vous vous doutez bien que ces mots ne m’empapaoutent pas mais qu’ils m’emmerdent me saoulent. Certainement parce que je les ai trop lus et entendus, parce qu’ils sont vidés de leur sens. Et sans doute aussi parce que dorénavant, ils sont souvent – bizarrement, comme c’est bizarre… – prononcés par des personnes qui font tout le contraire de ce qu’ils annoncent.
C’est donc une sorte de palmarès rapide. J’ai échoué à les classer alors je vous les livre tout à trac.
Les co-kekchose
Co-construire, co-concevoir, co-vousmettezbiencequevousvoulezderrière… Y’a un truc corporate qui me gêne grave avec ce genre de mots. Un truc qui sonne comme le ou la manager qu’est allé.e faire un stage de reboosting et de team building et qui pense que l’emploi de ce genre de vocable fera passer la pilule du prochain renforcing du reporting…
Réenchanter
Dernièrement, j’ai essayé de lire un rapport d’un think tank. Le sujet m’intéressait vraiment mais le truc m’est littéralement tombé des yeux (et pas des mains puisque j’étais devant mon ordi – je précise pour celles et ceux qui se seraient éventuellement posé la question) tellement il était plein de réenchantements de mes fesses. C’est dommage parce que je me dis qu’il y avait peut-être des idées intéressantes dans ce rapport. Enfin, je dis dommage mais en fait, je n’y crois même pas ; je suis plutôt partisane de l’idée que les gens avaient du se sentir obligés de décorer leur rapport avec des mots à la mode tellement il devait être vide.
And the last but not least
Bienveillance
Je crois que là, je n’ai pas besoin d’expliquer pourquoi ça me gonfle.
Et sinon, un petit tour du côté de Franck Lepage, histoire de rigoler 5 minutes :
Sur ce, je vais aller co-laver mon linge au lavomatique, histoire de réenchanter ma penderie en toute bienveillance…
Et vous, quels sont vos trois mots insupportables du moment ?
J’ai participé hier à un atelier d’écriture organisé par la médiathèque et le CAUE de Nevers. Si vous êtes comme je l’étais avant hier et que vous ne savez pas ce qu’est un CAUE, je vais vous expliquer ça rapidement mais le mieux, c’est que alliez visiter le site internet de la Fédération Nationale des CAUE. En gros, ce sont des architectes qui se mettent au service de tout le monde (collectivités, particuliers…) gratuitement (vu qu’ils et elles sont payé.es par ailleurs) pour conseiller les gens qui ont des projets. Les CAUE sont répartis un peu partout sur le territoire et font aussi des formations, éditent des brochures d’infos…
Voilà, maintenant vous savez tout.
Nous n’étions pas très nombreuses (deux hommes seulement sur 6 personnes donc je me permets – vu qu’ici, je suis chez moi et que je fais donc comme je veux – de féminiser le tout) et nous avons travaillé pendant un petit peu moins de deux heures.
Pauline, l’animatrice (donc j’ai oublié le nom), nous a proposé d’écrire à partir de déclencheurs (des photos, des listes de mots…). Bon, il s’agissait plus d’exercices, de jeux autour de l’écrit que d’écriture proprement dite selon moi, puisque nous n’avons pas rédigé de véritables textes. L’architecture était le thème général et nous l’avons abordé par la tangente, ce qui m’a plu parce que j’avais peur en y allant de devoir écrire des descriptions longues et rébarbatives de bâtiments modernes absolument affreux.
J’ai quand même réussi à pondre trois paragraphes de ce qui pourrait peut-être bientôt devenir une nouvelle pour ce blog. Ce n’est pas encore sûr sûr mais je crois que je tiens le début de quelque chose – la preuve en est que depuis ce matin, des phrases tournoient toutes seules dans ma tête et que, quand il y en aura trop, il faudra bien que ça sorte, nom d’une pipe !
Enfin, je dis ça mais parfois, ça se forme et si je n’ai pas le temps (pas l’énergie) de coucher les phrases sur un papier (ou plutôt dans un fichier texte), ça s’évapore et je ne retrouve rien.
C’est d’ailleurs assez chiant pénible comme truc. Et même si j’ai l’occasion de les écrire quelque part (dans mon téléphone, dans des carnets, sur des fichiers un peu partout sur mon ordi), je me retrouve avec un amoncellement de bribes de poèmes, de chansons, avec des phrases isolées ou des débuts de texte sans queue ni tête. Tout ça en vain puisque la plupart du temps, je n’en fais strictement rien comme si, une fois l’impulsion passée, ce qui me paraissait digne d’intérêt et me farcissait le crâne pendant parfois plusieurs jours d’affilée, n’était qu’une fumée sans feu, une belle perte de temps et d’énergie. Il m’arrive de retomber dessus par hasard. Parfois j’aime, parfois je déteste.
Ça vous fait ça à vous ? Et si oui, comment faites-vous pour vous en sortir, concrètement ? Acceptez-vous sagement la perte ou au contraire, vous précipitez-vous sur la moindre flammèche pour la transformer en feu de joie ?
Sinon, en ce moment j’écoute ça – j’aime beaucoup à la fois les paroles (ça résonne grave dans ma teutê :-D) et la musique :
Bon allez, je vous colle les lyrics, histoire qu’on chante toutes en cœur ! Oooooooh !
[Verse 1] Then I hear you leave And I’m happy Just for a moment I’m free Then it dawns on me
Then our time has passed Now it won’t last And I’m getting nowhere fast That’s a fact
[Pre-Chorus] Peace to the night Saw what I was really like Start with a kiss End with a fight
Peace come and go Acting like you didn’t know That I have lost my head
[Chorus] Oooooooh Oooooooh
And I’ll leave So I know that you have your doubts
Oooooooh Oooooooh
And I’ll leave But I swear that I’m better now
[Verse 2] Can you honestly Live without me? Cause you miss the fire You can’t disagree
[Pre-Chorus] Peace to the night Saw what I was really like Start with a kiss End with a fight
I love a fight
[Chorus] Ooooooooooh Ooooooooooh
And I’ll leave So I know that you have your doubts
Feuilles mortes – 31 octobre 2021 – Place Chaméane, Nevers
Le NaNoWriMo (parce que c’est comme ça que ça s’écrit) signifie National Novel Writing Month. Il a été créé en 1999 et depuis, a pas mal évolué. Je pense que j’en ai déjà parlé sur ce blog, à moins que ce soit sur le précédent (lorsque j’étais chez over-blog), je ne sais plus mais je suis quasiment sûre que Cristophe s’en souvient. Vous savez Cristophe, le plus fidèle de mes lecteurs que je n’ai jamais rencontré mais qui est toujours là, après toutes ces années. Il est celui qui butine, allez-y, c’est mieux que facebook.
J’ai donc déjà été tentée d’y participer et j’ai même déjà essayé mais puisque je ne l’ai jamais fini, je re-tente cette année.
Mon objectif actuel n’est certainement pas d’écrire 50 000 mots pour mon roman. Je l’ai déjà dit, mon travail salarié actuel aspire beaucoup trop de mon énergie mentale pour que ce soit réalisable : je suis chargée (entre autres choses) de rédiger une brochure et un mini-site internet. Je vais donc être donc bien moins ambitieuse et bien moins rigide. On fait ce qu’on peut mais comme, de toutes façons, je suis trop rigide en général, ça ne me fera pas de mal de lâcher un peu de lest.
D’abord, je vais répartir mon effort sur 4 supports différents : ce blog, mon site pro (je vous remets le lien au cas où vous l’auriez loupé), mon roman en cours de rédaction (environ 35 000 mots actuellement) et un projet de cartes projectives que j’ai sous le coude depuis un moment (commencé et jamais fini). Mais qu’est-ce que c’est que des cartes projectives ? Mystère et boule de gomme ! Je vous en dirais plus lorsqu’elles seront rédigées, illustrées, imprimées et prêtes pour la vente ; ce qui arrivera un jour sûrement mais pas bientôt.
Pourquoi 4 supports ? Je pourrais dire que c’est pour varier les plaisirs et dans un sens, c’est un peu vrai. Mais la vérité, c’est que j’ai peur. Je flippe que ça n’avance pas comme je le veux, que ce que je vais écrire soit nul et blablabla et blablabla (je vous passe les tergiversations mentales des personnes qui souffrent du syndrome de l’imposteur – si ça vous branche de les connaitre, cherchez un peu dans mes anciens posts, il y en a plein :-D).
Et donc, si j’écris un peu sur chacun de ces projets, j’espère que ça se verra moins…
Et ensuite, je ne me donne pas vraiment d’impératif de nombre de mots (en vrai, je me suis dit 30 000 mais laissons tomber les chiffres, c’est surfait). Pourquoi ? Parce que j’ai peur (voir les deux paragraphes précédents).
A la place, je vais essayer d’écrire tous les jours du mois de novembre (oui, le nanowrimo, c’est en novembre) pendant 45 minutes en plus des 10 minutes matinales quotidiennes que je consacre à mon journal intime. Purée de pois, la meuf qu’arrête pas de se raconter !!
Ecrire est à la fois une de mes activités préférées et une de celles que je redoute le plus. C’est un peu comme quand on décide d’aller à la piscine au moins une fois par semaine. C’est génial en été (aucun effort n’est requis pour plonger dans le grand bain) mais l’idée de passer une heure dans l’eau en plein hiver rebute pas mal. Il faut des trésors d’imagination (qu’est-ce qu’on se sentira mieux après !) et de volonté pour enfourcher son vélo, se déshabiller dans les vestiaires hyper-ventilés (mais pourquoi tant de haine, merde !) et passer sous la douche glacée avant d’enchaîner les longueurs jusqu’au deuxième souffle. Et après, ça roule. Limite, faudrait qu’on vous mette un pistolet sur la tempe (bon ok, j’exagère) pour sortir de l’eau.
Voilà ce que je ressens quand je me mets à écrire, parfois ! Mais parfois aussi, ça sort tout seul (oups, désolée, je n’ai pas pu me retenir) et là, c’est Byzance. Lorsque j’allais nager deux ou trois fois par semaine (pitié, je veux une piscine !!!!), je ne me posais même plus la question de la météo ; j’y allais, point ! Je voudrais bien que le NaNoWriMo provoque le même effet en moi…
J’ai déjà quelques idées de posts pour le blog sur lequel vous êtes actuellement (je tease) :
je ne suis plus en colère
mon ami le serrurier
la suite de ma vie (ah bon, y’a une suite ?)
Ah et mine de rien, je viens d’écrire un peu plus de 730 mots ! Oui, oui, les chiffres, c’est le mal mais quand même, je ne peux pas m’empêcher d’être fière de moi. Un jour après l’autre cocotte, ne vends pas la peau de l’ours etc.
Et au fait, si vous aussi vous participez au NaNoWriMo, je serais vraiment super heureuse qu’on échange nos liens de blogs (a minima) voire même qu’on en discute.
Pomme (mais j’aurais pu tout aussi bien l’appeler Myrtille, Framboise ou Clémentine) a 17 ans et elle est amoureuse pour la première fois.
Elle n’est pas amoureuse du garçon qui l’a ramenée hier matin en voiture après une semaine de sexe et de pains au chocolat dans sa caravane.
Elle n’est pas amoureuse non plus de celui qui a tenté vainement de la « déflorer » (comme c’est désuet) l’été dernier ou de celui qui lui écrit des poèmes depuis le début de l’année scolaire. C’est mignon mais quelle barbe !
Non ! Pomme est amoureuse d’Ébène (qui aurait pu se nommer Santal ou Mimosa, lui aussi). Ils se sont percutés à la sortie du self. Son incisive inférieure gauche n’a pas résisté au choc de la rencontre (il faut dire qu’il portait encore son casque – ben oui, il fait de la moto). Elle l’a senti se fendre dans la largeur.
Depuis elle s’empêche de sourire (une dent cassée, la honte !) même si ses copines et sa mère disent que ça ne se voit pas. Depuis, elle le piste dans les couloirs. Parfois, elle se doute qu’il est juste derrière elle alors elle ne se retourne pas de peur qu’il la remarque.
De loin, elle le voit fumer sous le préau (oui, cette histoire se déroule à un moment où on avait le droit de fumer dans les cours des lycées). Avec ses potes, ils squattent toujours le même banc, le cinquième en partant du hall – celui qui est le plus proche des ateliers. Il est dans une section technique, elle est une littéraire.
Florence (Sandrine, Stéphanie ou Céline) lui a dit que le meilleur pote du cousin de son voisin le connaissait… Il paraît qu’il préfère la mécanique aux filles. Il paraît qu’il habite Fontainebleau. Il paraît que sa mère est en HP. Il paraît qu’il ne boit jamais d’alcool…
D’habitude si enjouée, rentre-dedans et lumineuse, Pomme est déconcertée. Elle lui est manifestement invisible. Elle ne fume pas, ne connaît rien à la mécanique, ne sait pas où se trouve Fontainebleau. Leur seul point commun, c’est leur manque d’appétence pour la boisson.
Laurent (Cédric, Fabien ou Christophe) l’a invitée à son anniversaire. Elle y va avec sa troupe de copines. Elle trouvera bien un garçon avec qui passer la nuit… Sa mère s’en fout. Elle se fout de tout sauf de sa moyenne générale. En plus, elle sera d’astreinte cette nuit.
La fête bat son plein et elle danse comme une folle. Depuis un bon quart d’heure, elle échange des œillades avec un gars de terminale. Blond aux yeux bleus, le BCBG classique avec un polo pastel, un pull sur les épaules et des mocassins. Le genre de type facile à emballer. Sophie (Catherine, Christine…) lu a dit qu’il était en term’ et qu’il s’appelait JB. Il est parfait pour finir la soirée.
Sauf qu’Ébène se matérialise miraculeusement à côté d’elle deux minutes avant qu’elle passe à l’attaque. Sauf qu’Ébène lui dit que c’est drôlement mignon, cette petite dent du bas cassée. Sauf qu’il lui prend la main et l’entraîne sur la piste.
Alors Pomme enferme à double-tour ses angoisses de n’être pas assez ou trop quelque chose et sourit de toutes ses dents à ce bel inconnu qui va devenir, elle en est sûre, son grand amour.
Dans quelques semaines, elle deviendra une moitié du duo « Ébène et Pomme » et puis très vite, elle sera « la meuf d’Ébène ». Plus la moitié mais l’assistante. Un jour, on l’appellera Madame ou Maman. Elle mettra des années encore à se sevrer de ses yeux si noirs et de ses cheveux si doux… et ce sera déjà la fin.