pourquoi j’aime la musculation…

Photo de Tony Barnbrooksur Unsplash

J’ai commencé la musculation il y a quelques années, quelques mois avant le confinement. Au début, ma pratique était plutôt sporadique et visait surtout à remplumer le haut de mon corps qui avait pas mal souffert du fait de l’opération à cœur ouvert qui m’avait certes, sauvé la vie, mais qui avait généré quand même pas mal de séquelles physiques.

J’avais pris des conseils auprès d’un des copropriétaires de l’immeuble que j’habite maintenant et dont c’est le métier de remettre au sport des personnes qui ont subi un traumatisme.

Puis nous avons été confinés et j’ai dû arrêter – ce qui ne m’a pas tellement gênée parce que je ne prenais pas beaucoup de plaisir à ces séances douloureuses…

Mais depuis, d’autres événements ont modifié la donne.

D’abord, j’ai quasiment arrêté d’aller nager (alors que j’y allais une à deux fois par semaine avant). La piscine municipale que je fréquentais a été fermée (puis détruite) et remplacée par une piscine high tech (avec des bains à bulle et des jets d’eau) très coûteuse à l’autre bout de la ville (et elle n’est plus du tout municipale). J’y suis allée quelques fois et elle a manifestement été conçue par des gens qui ne vont jamais à la piscine… Enfin bref.

J’ai alors repris le chemin de la salle de sport ; une fois par semaine au début, puis deux fois… jusqu’à aujourd’hui où je vais m’entraîner trois fois par semaine. Entre-temps, j’ai dû changer de salle parce que la municipalité (encore elle) a fermé ma salle associative (alors qu’elle était installée au sein de la Maison des Sports depuis 1969) pour des raisons totalement fallacieuses, sans aucune solution de relogement. Depuis, elle a même vendu tout le matériel de l’asso. Voilà, voilà.

Je pratique désormais dans une salle à côté de chez moi : privée et beaucoup plus chère mais avec d’autres avantages (il y a un sauna !!!!). J’y vais le matin, ce qui fait que je ne croise pas les gros bras et les fesses galbées à l’extrême de personnes virilistes qui s’admirent et se filment dans l’effort pour alimenter leurs réseaux sociaux. Non, le matin, l’ambiance est plutôt « à la cool » avec une majorité de personnes « d’un certain âge » (à la retraite) qui viennent pour entretenir leur corps et leurs liens sociaux à l’ancienne en se disant bonjour et en commentant la météo et l’actualité sportive ou sociale. Et puis surtout, le matin, il y a très peu de monde. Parfois, on est deux ou trois et il m’est même arrivée de me retrouver toute seule.

Alors pourquoi j’aime tant la musculation alors que clairement, sur le papier (post-ménopause, je pèse désormais 50 kg), je ne suis pas faite pour ça ? Bah, il y a un côté très progressif qui me satisfait pleinement. Et puis je crois que cette pratique méthodique à base de petits pas de fourmis nourrit une partie de mon caractère très portée sur les rituels et les routines. En fait, je crois que dans une autre vie (une toute autre vie !!), j’aurais pu être moine.

Je progresse très lentement dans ce sport mais je parviens à vivre quelques succès intimes que je ne partage avec personne mis à part mon sacro-saint (je vous avais prévenu·es) carnet d’entraînement (le 4ème à ce jour) où je note scrupuleusement les exercices effectués, le nombre de répétitions et les poids soulevés à chaque séance. Parfois, quand je dois louper une séance, ça me manque (et parfois non). J’ai eu une phase où je culpabilisais quand je n’y allais pas (la peur de bousiller les performances acquises) mais depuis, ça va mieux. Je sais que la salle est toujours là, quoi qu’il arrive (bon à part si nous sommes reconfinés). Et puis dorénavant, je n’ai plus peur de devoir reprendre avec des poids ou un nombre de répétitions plus bas – parce que ça arrivera et que ça fait partie de ce sport.

Je n’ai aucun réel objectif (à la fin de cette année, j’aimerais être capable de faire une vraie belle traction mais si je n’y arrive pas, ce n’est pas très grave). Ce qui me plaît vraiment, c’est le processus de m’entraîner, pas le résultat. Bon, j’aime bien quand même voir mon corps se redessiner peu à peu dans le miroir mais puisque je fais des entraînements qui visent la force et pas la prise de masse musculaire, la progression n’est pas très visible et ça me va bien comme ça. Contrairement à ce que la photo d’illustration pourrait faire penser, je n’aime pas tellement les corps bodybuildés.