
Je ne suis plus un cœur d’artichaut. Ce blog en témoigne, pendant toutes les périodes où je n’étais pas « en couple », j’étais sans arrêt en train d’avoir des béguins pour le premier gars un peu agréable à regarder venu… Mais, depuis ma séparation définitive d’avec mon dernier mec (en 2019 – et oui, le temps passe) : rien, nada, que’d’chie.
Depuis 2019, je n’ai pas eu un seul coup de cœur : je n’ai croisé aucun garçon (ni aucune fille) qui aurait pu provoquer ce truc en moi.
Au début, mon système interne me lançait des appels désespérés : « il faut absolument que tu trouves un mec », « là, celui-là, ça pourrait le faire, non ? », « il faut que tu sois de nouveau aimée sinon tu vas mouriiiiiir !!!! » et blablabla. Et puis, ça ne s’est pas fait. Et aujourd’hui je peux dire sans « faire style » que je suis très heureuse de ma situation.
Dans mon histoire, pour être « à deux », il a toujours fallu que j’avale pas mal de couleuvres, que j’accepte des situations inacceptables, bref, que je me soumette d’une manière ou d’une autre. Et depuis 7 ans maintenant, c’est fini. Je suis libérée de cette injonction d’être deux et donc de l’injonction de faire en sorte que ça tienne, coûte que coûte. Cela m’a coûté bien trop cher.
D’aucun·e vont se (et me) dire que c’est parce que je me protège. Merci les psys de comptoirs ! Oui, je me protège parce que je trouve que ma santé est précieuse. Mais ça n’explique pas pourquoi je ne trouve aucun mec attirant sur le plan physique (je reprécise que je ne trouve aucune fille attirante non plus – l’hypothèse qui serait qu’à la ménopause, les femmes seraient plus promptes à devenir lesbiennes tombe à l’eau – et entre parenthèses (c’est le cas de le dire), la plupart des femmes qui « deviennent » lesbiennes à cet âge-là l’ont sans doute toujours été (lesbiennes ou bi) et peut-être qu’elles trouvent avec la maturité le courage, l’audace, l’envie… de se l’avouer enfin et de vivre selon leur propre orientation sexuelle).
Est-ce que je déteste les mecs ? Pas le moins du monde. J’ai d’ailleurs plus d’amis que d’amies.
Autre chose : je hais ce « jeu » de la séduction où les gens prennent des poses et disent des choses qu’ils croient que les autres veulent entendre (attitude qui n’est malheureusement pas réservée à la sphère amoureuse, loin s’en faut). C’est pour moi une manière totalement stupide de se comporter (à mon âge, ça va bien les conneries !). Désormais, lorsque je croise quelqu’un, je suis allégée du poids de ce fond de truc pas clair : vouloir être aimée ou au moins espérer de ne pas déplaire. Mais doucement l’animal, je ne dis pas non plus que je suis complètement (et définitivement) libérée du regard des autres – je ne vis pas dans cette illusion.
Non, y’a seulement que j’aime vraiment beaucoup être célibataire comme je l’ai expliqué sur ma chaîne youtube il y a plus d’un an. C’est la seule vidéo à propos de laquelle j’ai reçu des dizaines de commentaires haineux et de menaces (et pourtant, cette vidéo sur ma chaîne – qui totalise à peine 2000 abonnés – ne casse pas trois pattes à un canard). J’ai effacé les susdits et suis passée à autre chose sans m’en émouvoir. Mais c’est dire l’ampleur des débilités qu’on vit sur les « réseaux sociaux ». L’un des commentaires me précisait que vu que j’étais moche et vieille, je rationalisais (je traduis la prose du gars) et qu’en fait, je disais que je ne voulais pas de mec parce que je n’avais pas le choix ! Hypothèse recevable mais après enquête il s’avère que je l’ai, le choix.
J’ai perdu le goût, tout simplement. C’est sans doute temporaire (de la forme « temporaire qui dure ») mais pour l’instant, ça me convient parfaitement. Peut-être qu’un jour, je rencontrerai un gars qui vaut le coup que je quitte le célibat (et pour lequel, je vaudrais le coup aussi) mais j’ai bien l’impression que ce n’est pas encore pour maintenant. Mes standards en la matière ont pas mal évolué depuis 2019 et surtout, je ne suis plus du tout tentée par l’expérience. Merci mais non ; j’ai bien d’autres choses plus satisfaisantes à faire en ce moment.
Bon je dis ça mais comme nous ne sommes pas nés de la dernière pluie, vous comme moi savons très bien qu’on n’est jamais à l’abri d’une rechute. Alors je reste sur mes gardes, au cas où…